Alan Stivell, apothéose des 40 ans au Glenmor

Ce vendredi d'octobre 2012, à l'espace Glenmor, Alan Stivell a célébré ses 40 ans de carrière devant un public de 600 admirateurs carhaisiens.


La salle est archi-comble. Assis en bord de scène, tout de noir vêtu, catogan discret, Alan Stivell remonte le temps. « C’était une émotion intense », lance l’artiste aux 600 spectateurs du Glenmor. À l’époque, il y avait de quoi. Ce jour de février 1972, en effet, la harpe celtique du barde breton soulève un Olympia bondé et survolté. Pas moins de sept millions d’auditeurs resteront durablement sous le charme de cette retransmission en direct.

Le disque qui suit s’arrache à 1 500 000 exemplaires. « Mais je ne serais pas là non plus, sans la harpe de mon père, le renouveau des festoù-noz initié par Loeis Ropars et les bagadoù », ajoute modestement le musicien avant d’entonner Eibhlin. « Le premier chant en gaélique que j’ai jamais entendu. »

«En 2 000 ans, jamais vaincus»

Enchaînant a cappella avec Langonned, « Une chanson de Glenmor sur Langonned, le pays de mon cœur », Alan Stivell embarque bientôt son public sur la grande mer d’Iroise. « Depuis trois mille étés, Celtes et mouettes l’ont habitée », chante-t-il aussi avant d’entamer E kreiz hag endro.


« Merci à vous tous, de m’avoir aidé à réaliser mes rêves d’enfant », a aussi lancé Alan Stivell au public carhaisien venu saluer vendredi soir au Glenmor, l’anniversaire des 40 ans du concert mythique de l’Olympia.(Photo©Jean-Pierre Bénard).


Un chant en forme de retour vers la Bretagne, les Bretons et leurs vingt siècles d’histoire, issu de l’album Back to Breizh. « En 2000 ans, jamais vaincus vraiment : Romains et Francs, Anglais, Normands, et toujours là, malgré les ravages. Dans 2 000 ans, sur ce rivage, on sera là, avec harpes et bagages. »

En vingt quatre chansons et deux heures de concert, tout à son aise sur la scène du Glenmor, Alan Stivell a donné vendredi soir un concert mémorable. Enchaînant reprises


furieusement rock de E Pardon Speied en passant par le Ian Morrisson reel, enrichies par l’archet époustouflant de Raphaël Chevalier. Sur un dernier Pop Plinn déchaîné, les spectateurs debout ovationnent l’artiste à tout rompre. Souriant, visiblement heureux, le barde reconnaissant salue enfin son public.

Jean-Pierre Bénard

Compte-rendu du concert donné par Alan Stivell à l'espace Glenmor, à Carhaix (Finistère), en octobre 2012.