Le fest noz de la 6e édition de Bagadañs rassemble 400 danseurs

Tud a fait swinguer la Cornouaille


En dépit de l’heure tardive et d’une grosse déferlante de décibels un tantinet dissuasive en première partie de soirée, 400 mordus du pas de gavotte ont investi le vaste plancher de Bagadañs pour le fest noz de clôture. Jusque très tard dans la nuit, la musique de danse fluide et swingante des gens de «Tud» a réjoui les nombreux danseurs, restés indifférents aux nuées diffuses d’un crachin persistant.

Sans bonsoir ni trompette, les musiciens de Tud se jettent sur la scène et font l’impasse sur la balance. Au diable les préliminaires techniques. A minuit trente passés, en effet, l’heure est plus que jamais au pas de gavotte. «C’est un bon plancher pour la danse», note, à ce propos, un spectateur, en fin connaisseur jaugeant du pied le bois transi d’humidité. Sans plus attendre, les danseurs répondent à l’appel d’une première suite des Montagnes ouvrant ce fest noz hors délai. Un tamm kreiz en forme de clin d’œil dédié à Jean Coateval, sonneur autrefois réputé de Huelgoat. «Vu l’heure tardive, nous avions un peu peur », lance Eric Ollu, le penn sonneur du groupe, finalement rassuré par la vision d’un andro aux allures d’un bain de foule de gare banlieusarde. «On vous propose maintenant une petite escapade vannetaise», enchaîne-t-il,


La chaleur et la vitalité des gavottes et autres andros acoustiques du groupe " Tud ", ont fait swinguer les gens de Cornouaille jusqu’à une heure avancée de la nuit, au cours du fest noz de clôture de Bagadañs.


aussitôt, avec un laridé 8 temps sonné en avant goût du prochain CD. «Allez, les timides. C’est le moment d’inviter une cavalière», encourage-t-il, enfin, en lançant La scottishe à Belle maman, une suite de danses de couples importées du Québec par Carolyn Langelier, la flûtiste américaine de Tud.

Du plaisir à danser

«Les Langelier ont émigré au Canada au XVIIe siècle. Du coup, avec ces danses, on peut dire que j’ai ramené la famille en France», s’exclame


avec un sourire, au sortir de la scène, cette musicienne origi- naire du Michigan, tombée en amour il y a dix ans avec la Bretagne et sa musique de danse. «On voyait que ce public de connaisseurs avait du plaisir à danser, malgré le crachin», conclut, pour sa part, Eric Ollu, par ailleurs classé 3e, l’après-midi même, lors du Trophée Per Guillou des son- neurs de couple.

Jean-Pierre Bénard

Chronique du fest noz de clôture de Bagadañs, à Carhaix, le 14 juillet 2004.