Les racines du blues détonantes de Bo Weavil

Mathieu, le chanteur guitariste et Vincent, le batteur contrebassiste du duo de bluesmen, étaient à l'affiche du premier concert Accords-MJC de l'année 2007.


Casquette de cuir noir vissée à l'envers sur la tête, Mathieu, le chanteur guitariste de Bo Weavil, déboule jeudi dernier sur la scène du Vauban avec Boogie Chillun. Le premier tube millionnaire en copies 78 t de John Lee Hooker. «Un son hallucinant et hypnotique joué sur un seul accord en open tuning. J'ai foncé là-dedans tout de suite», se remémore le musicien, carburant aux racines détonantes du blues depuis toujours.

«Je suis tombé dedans quand j'étais petit», raconte-t-il à propos des Stray Cats ou du son de Charley Patton. «Avec Mississipi bo weavil, le premier morceau que j'ai jamais écouté de lui.» A ses côtés, Vincent, le contrebassiste, fait vibrer élégamment la salle réunie par Accords MJC sur les 12 mesures d'une suite de standards dûs à Robert Johnson.

«Parmi les tous premiers bluesmen originaux, il y avait aussi Bukka White», rappelle le chanteur en attaquant Jitterbug Swing au bottle neck sous les applaudissements nourris d'un public connaisseur. Evan's Shuffle, un boogie percutant adapté de Muddy Waters, provoque des sifflets laudateurs.


Jeudi soir au Vauban, Bo Weavil a joué un blues pur Delta avec âme et énergie.


«Ça vaut le coup des trucs comme ça !», soufflent en choeur Philippe et Jean, deux fans du duo Bo Weavil accourus depuis Pont L'Abbé. Enchaînant reprises et compositions originales surlignées d'un Junker blues explosif, les deux compères taquinent enfin un blues ultime avec Tease me baby et Do the boogie.


Avec Bo Weavil, on le sait maintenant. Pas besoin d'être Noir pour avoir le blues.

Jean-Pierre Bénard

Chronique du concert de blues donné par le duo Bo Weavil, le jeudi 18 janvier 2007, à l'espace Vauban à Brest (Finistère).