À Carhaix, dans les coulisses du film Bowling

La comédie de Marie-Castille Mention-Schaar, inspirée par la lutte pour l’hôpital de Carhaix, est en tournage pour huit semaines dans la capitale du Poher. Regard sur les coulisses.

On ne peut pas les louper. Les sept ou huit loges d’artistes qui occupent toute la rue Robert-Froger, à deux pas de l’hôpital de Carhaix, signent la présence de l’équipe du film Bowling. Au flanc de l’une d’elles, on lit le nom de Mathilde Seigner, une des comédiennes mobilisée pour le tournage du jour. « Je suis là pour m’occuper du nettoyage, et veiller à ce que rien ne manque au confort des acteurs », vous explique Zohair, un des chauffeurs de la production. Pour lui, la comédie de Marie-Castille Mention-Schaar s’ajoute à une liste de films, et une fréquentation d’artistes déjà conséquente : « Vanessa Paradis, Benoît Poelvoorde, ou Karin Viard et Joey Starr, dans Le Counaille, Mon pire cauchemar, ou encore Polisse », énumère-t-il en souriant.

« 60 à 90 repas quotidiens »

Un peu plus loin, la cuisine mobile du film souffle un peu après le coup de feu du déjeuner, sur fond de musique symphonique. « On n'écoute que du classique. Le rock n’a pas droit de cité ici », rigole Sylvain, le chef-traiteur de 53 ans, en plein travail de découpe d’une véritable escouade de daurades. « Je les ai achetées ce matin chez un poissonnier de Carhaix, explique-t-il au sujet de ce savoureux fretin, inscrit au menu du lendemain. Je prends toujours les produits locaux : les légumes sur Brest et la viande, que j’ai trouvée ici, dans une grande surface de la ville. »

Avec Xavier et Marina, ses deux assistants, Sylvain assure la restauration quotidienne de 60 à 90 membres de l’équipe du film. « Sur certains tournages, comme avec Les Seigneurs, d’Olivier Dahan, on termine parfois à 2 h du matin. Et là, c’est très dur », confie cet as


Sylvain, le traiteur parisien du film, ici avec la Brestoise Marina Le Gall, embauchée pour l’occasion du tournage, et Xavier, son autre assistant parisien, assurent quotidiennement les repas de l’équipe de Bowling depuis leur cuisine mobile installée à Carhaix. (Photo©Jean-Pierre Bénard).


des fourneaux cinéphiliques, en poste depuis 30 ans déjà. « Le tournage en Hongrie de Cyrano, Le Bonheur est dans le pré, ou encore Michel Vaillant », se remémore-t-il au titre des films qui auront marqué sa carrière de traiteur des coulisses.

« La part carhaisienne d’authenticité »

Dans la cour de l’hôpital, l’équipe technique du film est en plein boum. « Ce matin, nous avons tourné des plans à l’intérieur de l’établissement, explique Gaël Deledicq, le régisseur de la production. Et, cet après-midi, c’est au tour d’une scène dans laquelle l’équipe du bowling apprend qu’elle a gagné en quart de finale. »

Toutefois, les photos de plateau sont proscrites. « Nous avons eu à gérer un afflux important de journalistes de divers médias, sans avoir forcément été prévenus, et c’est aussi une gêne pour notre travail », confie à ce sujet


Pascal Ralite, le directeur de production.

Pour ce professionnel de 47 ans, engagé comme stagiaire sur un premier tournage à dix-sept ans, gérer un film de cette importance est un vrai boulot d’équilibriste. « Il faut souvent trouver le meilleur compromis entre les attentes ou les souhaits du réalisateur, et les limites budgétaires imposées au film. »

Une contrainte en partie levée pour Bowling. « La réalisatrice voulait que les Carhaisiens (*) qui ont vécu les événements, puissent aussi apporter leur part d’authenticité dans l’histoire, insiste à ce sujet Pascal Ralite. Même si ça coûte un peu plus cher en hôtels, défraiements et voyages, ça en valait la peine. »

Jean-Pierre Bénard

(*) 1 800 cachets de figurants sur la durée du tournage.

(Reportage réalisé le 27/07/11).