Brug ar Menez, la danse bretonne chevillée au corps

Chez eux, au cœur des Montagnes noires, des danseurs du cercle celtique de Spézet évoquent leur passion pour la danse bretonne, à l'occasion de leur deuxième titre de champion de Bretagne de danse traditionnelle obtenu en 2002.

Dans le pub de Spézet où ils sont attablés, les conversations prennent subitement un tour passionné. Stéphanie Quéméner et Gwenn Douguet, deux jeunes danseurs du Cercle celtique local, champion de Bretagne pour la deuxième année consécutive, disent en effet haut et fort leur enthousiasme. «J’ai intégré le groupe enfant du cercle celtique à 7 ou 8 ans, et depuis je n’ai jamais vraiment quitté la danse», confie Gwenn, également permanent de Kendalc’h, la confédération de la danse bretonne. À 29 ans, il se souvient encore du choc éprouvé lors d’un concert d’Alan Stivell à Spézet en 1993 et des prestations du cercle celtique qu’il avait trouvé superbe.

«On ne se considère pas comme un groupe folklorique. Nos chorégraphies sont issues du terroir de la Montagne et basées sur les collectages précis d’une tradition qui est restée vivante», affirme le jeune danseur avec une fougue qui n’exclue pas néanmoins une certaine rigueur. «On veut que ce soit irréprochable. On n’est pas du genre à s’approprier des pas pour en faire une sorte de gestuelle réinterprétée qui en trahirait l’esprit», poursuit-il. Une résolution remise en jeu, chaque année, dans le cadre d’une compétition très exigeante.

Une générosité gestuelle

«Le concours est en deux parties. On doit présenter des danses tirées d’un répertoire connu, présentées dans leur forme traditionnelle telle qu’elles ont été collectées.


À cet emplacement figure une photo de répétition des danseurs.

Les danseurs des Brug ar Menez, ici photographiés à l'occasion d'une répétion en octobre 2004 à l'espace Glenmor de Carhaix (Finistère).


Cette première partie imposée entre pour 40 % dans la note. Le reste de la notation se fait sur la partie libre qui dure 20 minutes», explique de son côté Stéphanie, infirmière à Brest, qui n’hésite pas cependant, à faire les allers et retours incessants pour participer aux nombreuses répétitions. «On prend notre pied sur scène, c’est évident. On se fait plaisir tout autant que le public», ajoute-t-elle, pour justifier de la générosité gestuelle et de l’énergie scénique des danseurs de Spézet. «On veut réussir à faire quelque chose de joli, tout en faisant passer l’esprit traditionnel de la danse. Nous ne sommes que des amateurs qui aimons créer des spectacles.» Une qualité esthétique et émotionnelle qui s’appuie aussi sur un patient travail.


«Bernardo Montet, chorégraphe résidant au Quartz et Marc Veh, danseur, nous ont beaucoup aidé à travailler le geste. Mais, contrairement à ce qui a pu se dire, ils ne sont jamais intervenu dans le processus de création», explique Stéphanie, qui voit aussi dans la personnalité de Iffig Cloarec, président du cercle depuis 1977, la source de la cohésion et de la réussite de leur groupe.

«Il est le fédérateur des énergies. Il est mû par une gentillesse, une passion, et une simplicité qu’on essaye aussi de faire nôtre. Ça transpire dans ce qu’on fait et c’est pour ça qu’on nous aime», conclut-elle.

Jean-Pierre Bénard


À cet emplacement figure une photo des Brug ar Menez sur la scène du Glenmor.

Les Brug ar Menez ont donné une representation a l'espace Glenmor à l'automne 2004, à l'occasion de l'enregistrement de Mozaïk, leur DVD produit par Label productions.


Chronique initialement publiée en septembre 2002, à propos du 2e titre de champion de Bretagne des Brug ar Menez, le cercle celtique de Spézet (Finistère).