Les deux artistes en résidence au Glenmor avant les Vieilles Charrues

Le pacs musical de Marchand et Burger


Le chanteur traditionnel Erik Marchand et le rockeur Rodolphe Burger continuent de faire route musicale ensemble. Après la publication de Before Bach, leur album paru en mars 2005, les deux musiciens ont également rejoint la scène Kerouac des Vieilles Charrues, à l'issue de deux journées d’intense préparation de leur nouveau spectacle. Entretien avec deux figures atypiques des musiques actuelles.

Avec 5 musiciens tradi- tionnels sur la scène Kerouac, votre concert de vendredi soir aux Vieilles Charrues sera-t-il plus modal que rock ?

Erik Marchand. Pas forcément. Viorel Tajkuna, l’accordéoniste Serbe qui m’accompagne souvent, a un style traditionnel à l’accordéon mais développe un tempé- rament très électrique aux claviers. Il peut même conduire des improvisations de plusieurs heures qui mettent les filles en transe (rires). Même chose avec le percussionniste Turc Okay Temiz. Avec lui, on a également un musicien traditionnel qui aime la puissance et l’énergie familière aux musiciens rock, sans pour autant en avoir l’étiquette. Quant au chanteur Samuel Karpiena, il appartient sans problème aux deux mondes.

Ce n’est pas étonnant de voir l’ex-fondateur de Kat Onoma faire le bœuf avec des musiciens trad ?

Rodolphe Burger. J’ai toujours eu une oreille pour ces musiques-là. J’ai eu l’occasion de jouer en session avec des musiciens Afghans, en 2002, au théâtre du Maillon, à Strasbourg.


Rodolphe Burger et Erik Marchand ont continué l’exploration de leur complicité musicale, avec un nouveau spectacle présenté en juillet 2005, sur la scène Kerouac des Vieilles Charrues.


Je cherchais à paraphraser leurs lignes rythmiques à la guitare. Ça a fini par donner le Taliban’s blues. Avec, dans ce titre, tout l’humour des gens qui ont beaucoup souffert. Le public était exclusivement afghan, mais l’accueil a été incroyable. J’ai été surpris de découvrir toutes les articulations musicales possi- bles, à cette occasion. Mais je ne suis pas vraiment intéressé par les expériences de fusion.

Que se passera-t-il sur la scène Kerouac ?

Rodolphe Burger. Nous avons préparé ce concert pen- dant deux jours, dans d’excel- lentes conditions à l’espace Glenmor. Nous ne savons pas nous-mêmes ce qui va en sortir. Mais nous sommes excités et curieux, par avance, de la rencontre avec ces musiciens venus d’autres horizons géographiques et musicaux.


Le titre de l’album Before Bach, c’était une allusion aux musiques modales d’avant le Clavier bien tempéré ? Y aura-t-il un « After Bach » ?

Erik Marchand. Before Bach, c’était un double clin d’œil aux origines alsaciennes de Rodolphe Burger et de ma grand-mère, née à Breitenbach, mais aussi aux musiques traditionnelles de tempérament inégal, d’avant la période Bach. Un After Bach ? Nous ne sommes pas pacsés (rires). Mais maintenant que la complicité musicale existe entre nous, il n’est pas interdit de penser à d’autres projets.

Jean-Pierre Bénard

Entretien avec Rodolphe Burger et Erik Marchand, réalisé à l'occasion de leur travail en résidence à l'espace Glenmor, à la veille du festival des Vieilles Charrues 2005, à Carhaix.