Le Carhaix d’avant 1914 dévoilé en images

Le Centre généalogique et historique du Poher publie Carhaix-Plouguer et son canton. Une plongée en images souvent inédites, dans le quotidien des Carhaisiens d’avant la Grande Guerre.

Ils réunissent près de 900 adhérents, bien au-delà des frontières du Poher et de la seule Bretagne, et s’intéressent à la généalogie depuis 20 ans. « Mais très vite, avoue Gilles Le Penglaou, le président du Centre généalogique et historique du Poher, on veut en savoir plus. On ne peut plus se contenter de collecter des noms, et des dates de naissance ou de décès. On a aussi envie de s’intéresser au cadre quotidien de tous ces gens qui nous ont précédés, et on brûle de savoir comment ils vivaient. »

Depuis leur création, les généalogistes du Poher ont publié plus d’une trentaine de numéros de leur revue trimestrielle : Le Cahier du Poher. Une vraie mine documentaire sur l’histoire locale, enrichie par les contributions d’adhérents souvent collection- neurs avertis « Nous avons eu l’idée de faire, auprès d’eux, une collecte de cartes postales et de photos anciennes relatives à Carhaix et à son canton. Et nous avons réalisé un cédérom qui a fini par intéresser un éditeur », raconte le généalogiste à ce sujet.

« Un mois de travail »

En janvier dernier, Gilles Le Plenglaou s’est attelé à la tâche. « Près d’un mois de travail pour rassembler et organiser les documents. » Bien loin de se contenter d’un simple empilement de photos anciennes, le généalogiste s’est évertué à restituer chacun de ces documents dans le contexte de l’époque. « Je me suis beaucoup inspiré du livre de Dominique Mesgouez, écrit sur les rues de Carhaix. J’ai aussi effectué de nombreuses recherches dans des documents d’archives ou dans


La rue des Carmes (du nom de la chapelle construite dans cette rue par les Carmes déchaussés), telle qu’elle était au début du siècle dernier. Au fond, à gauche, on peut distinguer la façade de la mairie. (Photo : droits réservés).


les articles historiques régu- lièrement publiés dans notre revue trimestrielle », explique l’auteur.

« Des photos rares et inédites »

« Beaucoup de ces cartes postales anciennes, ou photo d’archives familiales, sont inédites et n’ont jamais été publiées », insiste Gilles Le Plenglaou. « Par exemple pour Motreff, poursuit le généalogiste, je n’avais aucune carte postale ancienne. Fort heureusement, j’ai pu entrer en contact avec une personne qui en possédait et, avec son accord, j’ai reproduit une douzaine de ces documents très rares qui figurent dans notre ouvrage et sont désormais accessibles à tous. »

Avec près de 130 pages et plus de 230 illustrations, Carhaix-Plouguer et son canton, raconte le quotidien des Carhaisiens d’avant la Grande Guerre. Un véritable voyage dans le temps, en images souvent inédites et à


la force expressive parfois troublante. Comme cette noce bretonne à Carhaix, dans laquelle les invités transpercent l’objectif d’un regard étonnamment présent.

« La généalogie de Glenmor »

Un travail d’édition qui ne détourne pas pour autant les adhérents généalogistes de leur passion première. « Pierre Le Dour, un de nos adhérents, a fait une longue recherche et établi la généalogie de Glenmor. Un très gros travail (voir ci-dessous). Nous avons aussi rencontré la mère du barde breton, en 2008, juste avant son décès, révèle aussi Gilles Le Plenglaou. Et le texte de l’entretien que nous avons eu avec elle, sera publié dans le numéro de juin de notre revue. »

Jean-Pierre Bénard


Carhaix-Plouguer et son canton, offre un véritable voyage dans le temps, en images souvent inédites et à la force expressive parfois troublante. Comme cette noce bretonne, dans laquelle les invités transpercent l’objectif d’un regard étonnamment présent. (Photo : droits réservés).


Milig ar Skañv, dit Glenmor, le barde aux 380 ancêtres

Pierre Le Dour vient de réaliser un arbre généalogique des ascendants directs du barde de Maël-Carhaix, comprenant 380 ancêtres depuis 1675.

Ses recherches dans les registres d’état-civil lui auront demandé quatre mois de travail. « Je suis remonté jusqu’au 8 février 1712, date du mariage de Jacques Le Scanff avec Catherine Morin, au Cloître-Saint-Thégonnec », confie Pierre Le Dour, passionné de généalogie depuis une vingtaine d’années. Une branche des ancêtres paternels de Milig Ar Skañv, dit Glenmor, qui furent cultivateurs ou laboureurs de génération en génération. « Mais à l’époque, insiste le membre du Centre généalogique et historique du Poher, quand on était laboureur, on était considéré comme riche, puisque disposant d’un cheval ou un bœuf comme outil de travail. Ce qui n’était pas le cas des cultivateurs qui, eux, ne possédaient rien. »

De Trébrivan à Maël-Pestivien

Le fils et le petit-fils de Jacques Le Scanff naissent aussi à Saint-Thégonnec. « Après, le petit-fils se marie à Bolazec, avec une fille de Poullaouen. » Côté maternel, les recherches du généalogiste sont remontées jusqu’en 1676 et 1677, à Trébrivan. « Dates de naissance respectives de Marie Huet, et de Yves Coutellec, mariés dans cette même commune en 1706. » Mieux même. Pierre Le Dour a retrouvé la trace des parents. « Michel Huet et Marguerite Lalauret, mariés à Trébrivan en 1675. »

Une branche maternelle qui voit les ancêtres de Glenmor migrer vers Trébrivan, depuis la côte nord des Côtes-d’Armor en passant par Plougonver et Maël-Pestivien.


« J’ai recherché les ascendants de Glenmor en ligne directe, pour les deux branches paternelle et maternelle. En tout, près de 380 ancêtres. Ça va faire un bel arbre ! », confie aussi Pierre Le Dour. (Photo : droits réservés).


Avec, au passage, une de ces étrangetés de l’état-civil qui donnent du fil à retordre aux généalogistes. « La grand-mère d’Émile Le Scanff est née au Moustoir, mais figure sur l’acte de naissance d’une autre personne. En marge de l’acte, son nom est noté avec la mention : née le même jour. Ce sont des choses qui arrivent », sourit Pierre Le Dour qui travaille


actuellement à la présentation de ses recherches. « L’arbre généalogique de Glenmor sera dévoilé dans le cadre de l’hommage organisé par l’association Glenmor : an distro, et présenté aussi dans le numéro de Cahier du Poher de juin 2011. »