Dimanche, à Carhaix, New Paulette Orchestra a reçu le trophée

Le sillon contestataire des Jeunes Charrues


Dimanche 20 juillet, le tremplin des Jeunes Charrues s’est refermé avec la proclamation du groupe : «New Paulette Orchestra», en vainqueur de la 8e édition. Un nouvel opus singulièrement marqué par la qualité et la diversité des styles musicaux en présence, et par l’originalité de textes souvent placés sous le signe de la contestation...

«En fait, on ne s’attendait pas à gagner», confie Emmanuelle Hadjadj, la chanteuse de New Paulette Orchestra, le groupe vainqueur des Jeunes Charrues. «Il y avait d’autres formations comme Petit Peuple, Tahiti Bob ou encore Oba Yunda qui nous semblaient tout aussi intéressantes dans ce tremplin», poursuit la jeune artiste, visiblement ravie de l’heureuse conclusion pour elle-même, d’une période de trois semaines de tension marquée par la lutte des intermittents. «On est super heureux, mais on se sent un peu perdus», avoue-t-elle, sachant bien que beaucoup reste à faire, dans la perspective du concert d’ouverture des Vieilles Char- rues 2004 qui attend désormais New Paulette Orchestra.

«C’est à la fois un honneur et un drôle d’enjeu. Le public arrive, il n’est pas encore chaud, et il faut le gagner». Un défi que les musiciens venus de Caen, et formés à l'école de la scène jazz caennaise, veulent relever en mettant toutes les chances de leur côté, semble-t-il.


Anthony, le représentant de New Paulette Orchestra, a reçu de Jean-Philippe Quignon, programmateur et coprésident des Vieilles Charrues, le trophée 2 003 du tremplin des Jeunes Charrues, œuvre d’El Globos, le graphiste attitré du festival.

«On veut jouer partout, faire des scènes, êtres entendus et essayer de grandir», explique Emma- nuelle, en confiant également sa surprise d’avoir découvert un festival différent à Carhaix. «On a été très bien accueillis. C’était généreux. On s’est senti bien et l’on a pu rencontrer les autres groupes. Quand on est en rage contre les institutions, ça vous fiche une sacrée claque !.» Une rage contestataire qui semble bien avoir été le lot commun de nombres de jeunes artistes bretons acteurs de cette cuvée 2 003 des Jeunes Charrues. «Il y en a dans tous les groupes qui émergent en ce moment. C’est audible», affirme, pour sa part, la jeune chanteuse.

De fait, des Pâquerettes Marginales, en passant par Oba Yunda, Bandit Manchot, Petit Peuple, ou même dans le registre très différent de Sic, l’impressionnant groupe de métal lorientais, le public du tremplin a pu avoir un aperçu de la vindicte constestataire, de l’humour dévastateur, voire même de la rage qui traversent l’esprit des jeunes artistes dans la France chamboulée de l’après 21 avril.

Jean-Pierre Bénard

Chronique de la remise du trophée des Jeunes Charrues 2003 aux musiciens de New Paulette Orchestra, en clôture du festival des Vieilles Charrues de Carhaix (Finistère).