La brasserie Coreff arrose son 20e anniversaire avec une pléiade d’artistes bretons

Soirée de blues bretonnant au coin du fût


Samedi, entre cuves en inox et pompes à bières, près de 300 personnes se sont retrouvées sous la charpente métallique de la brasserie Coreff pour une soirée de concert au coin du fût. Dans une ambiance de bar breton animé, le chanteur Dom Duff et ses musiciens ont ouvert le bal avant que Nolwenn Korbell ne revisite, à son tour, son propre répertoire de chansons bretonnantes en compagnie du guitariste Soïg Sibéril.

Guitare acoustique en bandoulière, Dom Duff occupe l’avant-scène en égrenant ses petits mots aux couleurs de lande bretonne et d’enfant sauvage. «A-ribl an aod pe glann al lenn, pe leizh e zaouarn, pe en e benn», le long de la grève ou au bord de l’étang, au creux de ses mains ou dans sa tête, chante-t-il, en évoquant un petit enfant breton joueur, un peu fier et a l’esprit droit et rageur.

Aux claviers, et aux cornemuses, Pascal Lamour, son compère, souligne d’une petite mélodie traditionnelle l’univers folk et intimiste du chanteur. «Je cherche la rue du beurre. J’ai bien essayé de gagner ma croûte, mais j’ai perdu le goût de la terre et du beurre salé, sous les odeurs de macadam», lance-t-il, égale- ment, en reprenant Straed an amann, la rue du beurre, le titre phare de son premier album solo sorti l’an passé. «C’est du blues bretonnant, et j’aime bien», confie, pour sa part, un jeune spectateur.

D’une reprise de Public inquiry, une chanson de Dan ar Braz en passant par Deiz pe zeiz, un jour ou l’autre, Dom Duff évoque aussi «Lagan», le titre de son prochain disque.


Samedi, les chanteurs bretonnants Dom Duff et Nolwenn Korbell ont ouvert la soirée du 20e anniversaire de la brasserie Coreff, avant le fest-noz animé par les Diaouled ar Menez.


«Un vieux mot de breton qui rappelle le droit des rois et ducs de Bretagne de s’approprier tout ce qui vient à s’échouer sur la grève. Et moi, je m’approprie à mon tour tout ce qui traîne pour en faire des chansons», confie l’artiste, en souriant.

Gwerz galloise

Autre guitare, autre style, avec le jeu en accords ouverts de Soïg Sibéril, pour un duo scénique avec la blonde Nolwenn Korbell. «Ar capten yn crio, dros fap o’r hen fyd. Et le capitaine pleurait sur la carte du vieux monde», psalmodie la chanteuse, sur fond de conversations de bar plutôt ambrées, en reprenant cette gwerz galloise au goût bluesy. Dopées par l’énergie du guitariste, les chansons de Nolwenn Korbell ont pris, samedi soir, une vivacité nouvelle.


En domptant victorieu- sement la valse sonore et euphorique des chopes de bière sous les applaudissements des spectateurs, pour une petite minute de grâce musicale au coin du fût. Avant que les Diaouled ar Menez, retrouvant Melaine Favennec et Jean-Yves Le Corre, ne clôturent cette soirée anniversaire par un fest-noz d’anthologie sous la charpente métallique de la brasserie Coreff.

Jean-Pierre Bénard

Chronique de la soirée de concert donnée le samedi 29 octobre 2005, à l'occasion du 20e anniversaire de la brasserie Coreff de Carhaix (Finistère).