Les correcteurs à l’assaut des maux du livre

Réunis sous la bannière de l’association des Correcteurs en Bretagne depuis 2003, ces professionnels de la chaîne du livre veulent s’ouvrir aux autres métiers de l’édition.


Ils ont la passion des livres bien faits et font profession d’en soigner les mots avant publication. Samedi dernier, à Berrien, l'association Correcteurs en Bretagne a décidé de s’ouvrir aux autres métiers du livre. «Nous voulons jeter des passerelles en direction d’autres professionnels de la chaîne du livre breton et nous organiser en réseau pour mieux faire valoir la spécificité de nos métiers», explique en substance, Alain Le Saux, le trésorier sortant, au cours de l’assemblée générale de ces médecins de la syntaxe.

Un appel entendu par plusieurs maquettistes, illustrateurs et traducteurs ayant rejoint les rangs des lecteurs-correcteurs à cette occasion, pour former avec eux, «Un lieu de rencontre grâce auquel des opportunités de travail pourront surgir». Les chasseurs de coquilles et de phrases mal fichues ont en effet en commun de former avec ces professionnels le gros des soutiers de l’édition bretonne.

Payés en droits d'auteurs

«J’exerce une profession de galérien consentant à l’identique des correcteurs», s’exclame à ce sujet le traducteur Kristian Ar Braz. Un passeur de mots ayant actuellement deux ouvrages au feu, sidéré de «constater l’indifférence des éditeurs


Les Correcteurs en Bretagne veulent nouer de nouvelles solidarités professionnelles avec les métiers du livre. (Photo©Jean-Pierre Bénard).


pour des projets de traductions d’auteurs brillants comme l’Irlandais Fred Johnston ou le breton Jean-Pierre Abraham». Même souci pour la maquettiste Olwenn Manac’h, l’illustrateur Sébastien Danguy des Déserts ou la correctrice Dominique Botte, contraints d’accepter d’être payés de leur côté en droits d’auteurs pour un travail devenu rare et mal reconnu. «Le problème de la correction d’un manuscrit, c’est que quand c’est bien fait, ça ne se voit pas», explique cette dernière. Des professionnels préoccupés par ailleurs du devenir du Centre régional du livre en Bretagne (CRLB). Un centre du livre que la Région et la Drac (Direction régionale des affaires culturelles),


voudraient voir se fondre en un seul et même organisme avec les bibliothèques. «Une idée de fusion qui n’est pas une bonne nouvelle pour le CRLB», s’inquiètent les participants. Des maux de l’édition à l’assaut desquels ces professionnels du livre en Bretagne entendent bien se lancer désormais, avec un projet de manifeste «en forme de coup de gueule adressé à l'ensemble des métiers du livre, des éditeurs et des institutions concernées».

Jean-Pierre Bénard

Chronique de l'assemblée générale de l'association «Correcteurs en Bretagne», organisée le samedi 17 juin 2006 à Berrien (Finistère).

  • Pour en savoir plus sur les activités des professionnels du livre et de l'édition en Bretagne : Correcteurs en Bretagne