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Les matantes
de la tradition

Elles s'appellent les Crapaudes. Le nom de leur premier album est Plouf l Il ne faut pas se fier à la pochette colorée et naïve du CD qui pourrait laisser croire à de la musique pour les enfants. Ça pourrait créer des surprises, surtout avec la suite intitulée "Coquines et Cocus ou la chanson Les Totons de bois" ! Ce n'est pas non plus un album de chansons à répondre ou de farces grasses. En fait, les Crapaudes font de la musique dite traditionnelle.

(...) "Ce que nous aimons dans ce style musical, c'est sa beauté, son côté hors norme, c'est coloré, c'est de l'art naïf, presque sauvage" confie Danielle. "Et, surtout, c'est un milieu chaleureux. Les gens qui font de la musique traditionnelle aiment le monde", affirme Lisan. "Toutes les fin de semaine, les gens du milieu se retrouvent à Lanaudière où ils partagent leur répertoire commun."

Elles se sont rencontrées dans les spectacles de la troupe Dam'Déridé et ont eu envie de croasser à deux plutôt qu'en groupe. Elles ont pensé s'appeler les «grenouilles», mais ça faisait trop "frog" et, comme le dit Lisan: "On chante aussi pour les Anglais. Nous aimions la connotation malcommode de crapaudes, son rapport au conte, aux sorcières, aux princesses" explique Danielle. "Nous sommes des restants de princesses" plaisante Lisan.

Ensemble, elles ont épluché les archives du Québec, sillonné la province pour demander l'aumône de quelques chansons à des familles qui "se souviennent" et qui se sont montrées généreuses. "Nous avons rencontré des gens extraordinaires partout'', confirment-elles. Cette générosité, de vieilles partitions, de vieux textes et les arrangements musicaux de Danielle ont fait le reste... ou plutôt, on fait Plouf ! Depuis, Elles se sont produites au Quai des brumes à Montréal, à "l'Interlude" de Joliette, aux "Oiseaux de passage" à Québec et à "La Pierre Angulaire" de Saint-Élie-de-Caxton. Elles se sont envolées ensuite vers la France (en mai 2001), pour faire une recherche sur les chants à danser et présenter quelques spectacles.

(...) En juin, les Crapaudes enregistrent un album-anthologie de la chanson traditionnelle québécoise à partir des archives Marius-Barbeau du Musée des civilisations à Hull. Une vraie mine d'or de 9000 chansons. Pour cette occasion, une série d'émissions seront enregistrées pour la radio de Radio-Canada--dont un spectacle--qui seront diffusées à l'automne. "Je ne pourrais pas vivre sans faire ce que je fais", lance Crapaude Danielle. "Il y en a qui trouvent la vie plate à 50 ans, mais pas nous", s'exclame Crapaude Lisan. Puis, avant de s'en aller, elles fouillent dans un journal pour trouver des ateliers sur les chants de gorge traditionnels... c'est ça, la vie de Crapaude !

Chantal Guy
La Presse. Montréal. Samedi 14 avril 2001

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