KÉBEK! New releases from Québécois musicians
by Steve Winick

Pour ceux qui aiment les chansons françaises tout autant que la musique irlandaise ou les airs de violon traditionnels américains, le Québec doit être une sorte de paradis. Dans cette province du Canada, les immigrants français et leurs voisins irlandais et anglo-canadiens ont crée une riche tradition musicale adaptée au nouveau-monde. Cette musique est largement ignorée par le reste du monde, de même que par le Canada moderne et urbanisé et par les citadins québécois, bien qu' un regain d'intérêt pour cette musique ait permis la création d'un secteur de musiciens professionnels. 

Le sommet de la vague du renouveau de la musique traditionnelle québécoise se situe au milieu des années 75-80, quand des groupes comme Le Rêve du Diable, Barde, Héritage ou encore La Bottine Souriante, furent crées et eurent un énorme succès. Plus récemment la scène folk québécoise a été accusée d'assoupissement. Il y a encore, malgré tout, de nombreux groupes québécois qui jouent de la musique traditionnelle et dont les spectacles s'inspirent de cette musique dans des concerts et festivals. Beaucoup ont enregistré des cassettes et des C.D. Voici les plus récents d'entre eux : 

Avant de franchir la frontière du Canada, les américains amateurs de l'héritage musical du Québec se doivent de faire une halte au Vermont où un premier groupe de musiciens vit et travaille. Duo composé originellement de Martha Pellerin, une américaine dont les ancêtres sont Québécois, et qui chante et joue de l'accordéon et de Dana Whittle, de la Nouvelle-Angleterre, qui chante et joue de la guitare, le groupe s'est récemment adjoint un troisième membre en la personne de Claude Méthé, le seul qui soit vraiment natif du Québec. Claude est un violoniste, chanteur et guitariste qui fût un des membres fondateurs du "Rêve du Diable", groupe généralement considéré comme étant à l'origine du renouveau du folk au début des années 70. 

Le premier C.D de "Jeter le pont" : "L'escapade" est quelque peu différent de la cassette de leurs débuts : "Entrecroisé". La différence est due principalement à la présence de Méthé, de son jeu de violon et de son répertoire de chansons et d'airs qui ont changé l'équilibre du groupe. 
"L'Escapade" est certainement plus rapide, plus rythmé et bien plus dans l'esprit de ce que font les groupes de folk québécois parmi les meilleurs. 

La première chanson :"Isabeau s'y promène" est l'une de celle qui était chantée lentement et sur un mode empreint de tristesse en France. Ici, l'interprétation est pleine de vigueur et tout à fait excitante. Le meilleur de la tradition francophone des chansons à répondre, aussi bien que des reels, interprêtés par Claude au violon et à la guitare, composent cette partie très vive de l'album. 

Dans l'autre partie, on retrouve quelques unes de ces chansons lentes, aux arrangements sophistiqués qui caractérisaient leur première publication. Le plus bel exemple en est "Joli coeur de rose" qui combine de bien belles harmonies à des lignes vocales entrelacées. La ballade "Dessus le pont de Londres", chantée par Méthé est également une chanson belle, lente, et qui rend heureux avec un accompagnement réalisé par Martha Pellerin et Dana Whittle. C'est un très bel album, bien équilibré, et dont l'écoute procure de grandes satisfactions. 

(Extrait d'un article
paru aux U.S.A en mars 1995.
traduit de l'américain par J.P Bénard.)


DENT de LION

Un duo franco-canadien installé aux U.S.A n'est pas une chose ordinaire, mais "Dent de Lion" est cette bête curieuse. Crée après la dissolution de "Jeter le Pont", le duo de Dana Whittle et de Claude Méthé vibre d' une même passion pour le style à la fois lyrique et complexe de la musique traditionnelle franco-canadienne. 

Les "Beaux yeux bleus", titre qui ouvre l'album, utilise une technique de guitare celtique, tandis que le violon, l'accordéon et les tapements de pieds entendus dans "La grande gigue du Père Gagnon" font penser à l'atmosphère d'un bal populaire Acadien. L'influence de la Bottine Souriante est encore accentuée par le travail d'André Marchand à la production du disque. 

La musique Franco-canadienne est bien connue pour son optimisme communicatif et le fait qu'elle procure un divertissement de qualité. Les musiciens de Dent de Lion jouent cette musique comme si leur vie en dépendait. Superbe ! 

John O'Regan 
(Rock 'N' Reel Magazine 95) 

Photo jaquette du CD

Animation haut parleur

Les beaux yeux bleus

" Sur la bonne terre des habitants, entre l'amérique et la presqu' amérique, entre le folklore et le folk, Dent de Lion enfonce ses racines et sème à la petite brise du nord le vieux son français des violons, guitares et accordéons. 

Une musique en belles harmonies d'amour, les pieds bien ancrés sur la cadence du coeur, et un violon discord fouetté par un coup d'archet à faire danser les aurores boréales. " 

Michel Jaubert (préface du CD "Les beaux yeux bleus")