Les Diaouled ont soufflé 35 bougies à Spézet

Dimanche, la noria de musiciens invités par les Diables de la Montagne a fait danser plus d’un millier de fest-nozeurs jusqu’au bout de la nuit.


Dans la grande salle omnisports de Spézet, la fête bat déjà son plein depuis deux bonnes heures. Sur la scène, le guitariste des Bleizi Ruz tricote les accords serrés d’une gavotte des montagnes. « Pour tous les gens qui les ont connus il y a 10 ans, ça leur fait une émotion terrible de les entendre à nouveau », confie Jean-Lou, un des admirateurs de ces musiciens à la cinquantaine bien sonnée. « On enchaîne avec un an dro - hanter dro, avant que les vieux ne retournent à l’hospice », lance à ce sujet avec humour, Ben Creac’h, le bassiste des Loups Rouges, à la foule des quatre cents danseurs massés sur le bitume des sportifs.

Dehors, sous le soleil d’avril inondant la buvette, la jeune chanteuse bretonnante Gwennyn à le sourire. « Mon premier album a obtenu le Prix du meilleur disque produit en Bretagne », s’exclame-t-elle à l’avant veille d’une cérémonie de remise prévue dans la salle du Quartz, à Brest. Sous la tente des invités, Melaine Favennec évoque la saga des Diaouled ar Menez. « C’est 35 ans de public et d’ambiance de festoù-noz. Une véritable fratrie qui vit encore aujourd’hui », s’émerveille le violoniste aux cheveux blancs en saluant au passage « le déclic Alan Stivell ». « Sans lui, il n’y aurait pas eu les Diaouled. »

Imprécations chamaniques

Même émotion à rebours pour Jean-Charles, le guitariste des frères Guichen, à l’adresse des héros du jour. « Fred et moi, on a toujours connu les Diaouled.


À cet emplacement figure une photo des Diaouled ar Menez sur la scène.

Dimanche, la fête des 35 ans des ar Menez a été l’occasion de retrouvailles musicales pour plusieurs générations de danseurs et de musiciens, venus aussi à Spézet pour célébrer la musique à danser bretonne.


C’est le premier groupe qu’on ait jamais écouté en 72. Ils sont toujours là, et c’est très bien. » Il est 22 h. Dans la salle surchauffée par le millier de fest-nozeurs, Pascal Lamour lance à son tour un refrain vannetais en forme d’imprécation chamanique. Le battement mécanique d’un plinn surgit comme un diable d’une boîte à rythme électronique. Léna, une danseuse venue du Pays bigouden, y perd un peu ses pas. « C’est innovant, mais ce n’est pas désagréable », concède-t-elle au sortir de la transe. C’est bientôt l’heure des 35 bougies. Un biniou kozh sonne le jour anniversaire. Sur la scène, les musiciens s’échangent leurs « Diables d’or » sous l’œil enamouré des spectateurs. La bombarde de Yann Goasdoué peut enfin lancer l’an dro mythique de 1972.


Il est minuit, et Melaine Favennec de saluer le public aux côtés d’un Jean-Yves Le Corre à l’accordéon chromatique lunetté de noir, et de l’indispensable basse frétillante d’un Tangi Le Doré. « Merci à vous tous pour cette soirée chaleureuse et conviviale », conclut-il avec émotion.

Jean-Pierre Bénard

Chronique du concert anniversaire des 35 ans des Diaouled ar Menez donné à Spézet (Finistère), le dimanche 29 avril 2007.


À cet emplacement figure une photo de Roland Conq à la guitare et Ronan Pinc au violon.

Les frères Morvan ont également apporté leur contribution au 35e anniversaire des Diaouled ar Menez, au son du kan-ha-diskan.