Les bluesmen finistériens ont chauffé la salle du Vauban

Le boogie infernal de «Doo the doo»


Vendredi, sur la scène du Vauban, les musiciens de «Doo the doo», sous la houlette de Elmore Jazz en grand officiant de l’harmonica leslie, ont délivré une suite de compositions bluesy, mâtinée d’un zeste de boogie-woogie trépidant et de reprises qui ont ravi un public d’amateurs accourus au concert organisé par l’association Accords.

Large chapeau de cuir blanc à la mode texane vissé sur la tête, chemise à fleurs mexicano-cubaine sur les épaules et harmonica collé au micro, Elmore Jazz, lance d’entrée de jeu les mesures d’une série de blues épicés composés à l’école de Howlin Wolf ou de Slim Harpo. «Je veux garder la simplicité de cette musique et faire partager la passion qui est la mienne», confie l’harmoniciste quimpérois, d’une voix aussi éraillée que le blues râpeux de Louisiane dont il est fervent. À ses côtés, Jimmy Jazz, le frère guitariste, lunettes noires sur le nez, a des allures d’Ed Cassidy, ex-batteur d’un mythique groupe de rock sudiste, dont il partage l’élégante calvitie.

Diableries musicales

«Oh, baby please don’t lie to me», clament-ils de concert, en reprenant la supplique récurrente du bluesman désabusé par ces histoires d’amour qui finissent mal, mais qui font, par ailleurs, la trame des meilleures chansons.


Les musiciens de Doo the doo ont su faire partager leur passion du blues à un public nombreux, mêlé d’amateurs fervents et de jeunes spectateurs enthousiastes.(©Photo: A & F Mocq)

«On a pas mal de répertoire original main- tenant. Mais, pour la scène, on garde quelques reprises », confie Elmore, à propos de " Shake your hips " (Bouge-toi le train), une reprise de Slim Harpo, l’inventeur du rockn’blues louisianais des années 50. Arc-Bouté sur sa contrebasse électrique, Mig Toquereau vocalise furieuse- ment à la manière d’un bluesman blanc de Chicago, pendant que Jacques Moreau tricote de savantes figures rythmiques aux percussions sur une suite haletante de boogie-woogies infernaux.

«Nothing, but the devil !», déclare en coulisse, Elmore Jazz, hilare en découvrant sous son chapeau blanc immaculé une houppette luciférienne, pour justifier de toutes ces diableries musicales.

Jean-Pierre Bénard

Chronique du concert donné par Doo the doo, le vendredi 29 novembre 2002 au Vauban, à Brest (Finistère).