Au Glenmor, l’humour de Fabrice Éboué fait mouche

L’humoriste a réuni 400 spectateurs au Glenmor, à Carhaix, pour un spectacle seul-en-scène mené humour battant.

L’œil rigolard, il déboule sur la scène du Glenmor entre un fauteuil de cuir noir et un guéridon solitaire. « On m’a dit : Christian Troadec (le maire de Carhaix, NDLR), tu ne touches pas ; les coiffes bretonnes : tu ne touches pas. Mais, en revanche (le visage de l’humoriste s’illumine sous les projecteurs), les Léonards et les Bigoudènes, tu peux taper ! » Le public carhaisien s’esclaffe.

D’entrée de jeu, Fabrice Éboué plante le décor et ça dézingue tous azimuts. « Moi, s’exclame-t-il en évoquant crânement un récent dérapage télévisuel, je veux bien me laisser piétiner par n’importe qui sur cette planète... mais pas par Faudel », lance-t-il à propos d'un réglement de compte avec le chanteur de raï. La sensibilité affleure, la dent est dure mais l’humoriste balaye aussitôt l’incident d’une touche d’autodérision salutaire : « Quand tu fais du ciné, c’est super-gratifiant, raconte-t-il en rigolant. Les gens te recon- naissent dans la rue et te lancent : eh ! Salut Dieudonné ! »

Des blagues couleur locale

Fabrice Éboué enchaîne les saillies sans tabou et rien n’échappe à son regard lucide. « L’attente des résultats des tests du sida dans le hall de l’hôpital, c’est comme le Bac, lance-t-il sans coup férir, avant


« Quand j’étais gamin, Germinal, ça m’a traumatisé, raconte aussi Fabrice Éboué. Un soir, mon père rentre impromptu dans ma chambre : Arrgh ! Un mineur ! » (Photo©Jean-Pierre Bénard).


de glisser la chute qui fait rire : Sauf que j’ai jamais vu personne sauter de joie en disant : je l’ai ! je l’ai ! »

Et les blagues couleur locale font aussi mouche. « T’habites où ? À Poullaouen ? C’est où ça ? Mais j’ai pas d’argent pour les péages d’autoroute ! », raconte-t-il en évoquant une drague imaginaire au sortir du Spot, la boîte emblématique de Spézet.

Avec le vanneur en série de la bande à Ruquier, tout y passe : les flics nerveux des brigades de nuit, les bouchers gays, les héros de bande dessinée et même les jeunes filles allemandes au pair.


« Là, j’ai tout mis ! », lâche-t-il en reprenant son souffle après une tonitruante tirade dans la langue de Goethe.

Fils d’un père camerounais et d’une mère normande, la dernière flèche de l’humoriste est pour ses propres origines métissées : « Merci papa, merci maman... Je nage comme un noir et je cours comme un blanc ! »

Jean-Pierre Bénard

Chronique du spectacle seul-en-scène de l'humoriste Fabrice Éboué donné au Glenmor, à Carhaix, le jeudi 10 novembre 2011.