Le fest-noz centre-breton aux portes de l’Unesco ?

Un groupe de travail coordonné par Dastum milite depuis 2008 pour l’inscription du fest-noz sur les listes de l’Unesco. Dans ce cadre, un débat public s’ouvrira samedi 5 juin 2010, à Poullaouen.

Le petit landerneau du fest-noz est en effervescence depuis bientôt deux ans, avec la mise en œuvre d’un groupe de travail coordonné par l’association Dastum (recueillir, en breton). L’enjeu n’est pas mince, en effet. « Il s’agit de constituer un dossier auprès de l’Unesco, pour obtenir l’inscription du fest-noz comme élément représentatif du patrimoine culturel breton », explique IfigTroadec, référent de l’association Dastum pour la basse-Bretagne.

Une effervescence culturelle bretonne qui fait suite à la ratification par la France, en 2006, de la Convention de sauvegarde du patrimoine culturel immatériel. Un texte adopté par l’Unesco en 2003. « Par patrimoine culturel immatériel, on entend les pratiques culturelles et les savoir-faire que les communautés reconnaissent comme faisant partie de leur patrimoine et de leur héritage culturel », explique également en substance le représentant de Dastum.

« Un facteur d’intégration »

« Très rapidement, poursuit Ifig Troadec, des universitaires, des acteurs culturels, chercheurs, élus ou artistes de toute la Bretagne se sont mobilisés, durant l’année 2009, pour réfléchir ensemble à la meilleure façon de se saisir des nouvelles opportunités offertes par le texte de l’Unesco. »

Une réflexion bientôt rejointe par la commission culture du pays Centre-Ouest Bretagne. « Le territoire centre-breton est un lieu de ressource et de référence qui a produit de nombreux chanteurs, sonneurs et musiciens, réputés bien au-delà de ses limites, et même de celles de la Bretagne », insiste à ce sujet Marie-Hélène Cosquéric, animatrice culture du pays Cob.


Samedi 5 juin, à Poullaouen (Finistère), les acteurs et associations culturelles bretonnes organisent un grand débat sur l’avenir du fest-noz, avec, en toile de fond, la possible inscription de la fête de nuit bretonne au patrimoine immatériel de l’Unesco, en 2011. (Photo©Jean-Pierre Bénard).


« Le fest-noz est un lieu de brassage social et un puissant facteur d’intégration pour les nouveaux arrivants. Et à cet égard, les sujets de discussion du débat public du 5 juin, à Poullaouen, nous intéressent particulièrement. »

Un dossier en juillet 2010


Poullaouen, temple incontesté de la gavotte et berceau du fest-noz, sera effectivement le centre de toutes les réflexions et débats, samedi 5 juin. Une présentation publique du dossier actuellement en cours de constitution sur le fest-noz, sera faite par Charles Quimbert, le directeur de Dastum. « Le dossier sera transmis en juillet à Paris, au Ministère de la culture et déposé à l’Unesco en septembre, pour une réponse attendue un an plus tard », précise Alan Pierre, permanent de la fédération War’Leur.

L’avenir du fest-noz en débat

Une dizaine de grands témoins, parmi lesquels Erik Marchand, Jean-Michel Veillon ou Hervé Irvoas, entre autres,


apporteront leur point de vue sur la question de la transmission et de l’avenir du fest-noz. Les associations Dañs Tro (Poullaouen) ; la Fiselerie (Rostrenen) et les fédérations ou associations culturelles Kendalc’h, War’Leur, Paotred an Dreujenn Gaol, Les Mémoires du Kreiz-Breizh, etc., toutes membres du collectif régional, seront de la partie ainsi que la mairie de Poullaouen et le pays Cob. Un débat clos par Jean-Michel le Boulanger, vice-président à la culture de la Région Bretagne, à 18 h 30. Avant, bien sûr, un grand fest-noz avec tout ce que le genre compte de sonneurs et de chanteurs réputés.

Jean-Pierre Bénard

Quel fest-noz pour demain ?, était le thème du débat organisé à Poullaouen (Finistère), le samedi 5 juin 2011, suivi d'un fest-noz gratuit. Site internet : www.dastum.net