Le barde Glenmor sur l’écran du Grand Bleu

Le réalisateur Philippe Guilloux a entrepris le tournage d’un documentaire sur Glenmor. Un film de 52 minutes qui sera présenté en avant-première au Grand Bleu, le 22 juin prochain.

D’entrée de jeu, Philippe Guilloux ne cache pas la difficulté de l’entreprise. « Faire le portrait de quelqu’un qui n’est plus là, ce n’est pas chose facile », avoue le réalisateur en évoquant le film documentaire de 52 minutes, actuellement en cours de tournage sur le barde breton et intitulé : Glenmor, l’éveilleur. Il faut dire que l’aura de l’artiste n’a pas faibli, loin de là, depuis sa disparition le 18 juin 1996, à Quimperlé.

« Glenmor, de son vrai nom Milig ar Skañv, est devenu un personnage mythique de la culture bretonne. Il fait partie désormais du patrimoine breton », insiste Philippe Guilloux. Impossible, en effet, pour les Carhaisiens, d’ignorer le nom ou même le visage du chanteur militant. Son effigie s’affiche aux yeux de tous sur le fronton de l’espace Glenmor, et la grande scène des Vieilles Charrues en perpétue aussi chaque année le souvenir.

Les facettes du barde

C’est Yves Morvan, le patron du Garage solidaire, qui a soufflé l’idée du film au réalisateur Philippe Guilloux. « Nous étions en plein tournage du film Voix de garage, en septembre dernier, quand il m’a suggéré de m’intéresser à Glenmor. Aucun film n’a jamais été réalisé sur lui. C’est un peu dommage, m’avait-il confié alors, en fervent admirateur du personnage qu’il est. »

Une idée séduisante qui n’a pas manqué, toutefois, d’interroger le réalisateur. « Il y a autant de Glenmor que de personnes qui l’ont connu », affirme Philippe Guilloux à l’appui des nombreux témoignages et entretiens, déjà mis en boite depuis trois semaines par son équipe. « Ça donne un puzzle assez gigantesque, avoue-t-il à l’aube d’une nouvelle journée de tournage. Et comment choisir entre toutes les facettes d’un personnage qui a été tout au-


Katell, compagne de Glenmor et poétesse, ici photographiée lors du tournage du documentaire de Philippe Guilloux, est l’une des nombreuses personnes de l’entourage du barde breton, sollicitées pour apporter leur témoignage devant la caméra. (Photo : droits réservés).


tant un militant, artiste poète et philosophe, qu’un père, un mari et un copain, pour sa famille et ses proches ? »

Un film de Glenmor

Quoi qu’il en soit, la découverte inattendue d’un document unique et la lecture conjointe d’un texte de l’écrivain Xavier Grall sur son ami chanteur, ont fini par convaincre le réalisateur qu’il y avait du grain à moudre. « La copie d’un petit film amateur réalisé par Glenmor a été retrouvée dans les archives d’un de ses musiciens », révèle-t-il au sujet de ces images filmées en 1972, à l’occasion d’une tournée de l’artiste avec Léo Ferré.

Impossible, également, de résister plus longtemps au charisme du barde breton. « Tous les gens le disent : c’est un personnage énorme, brillant. Un beau mec, au verbe haut et à la présence scénique indéniable. »

Un budget de 150 000 €

Pour Philippe Guilloux, le défi est clair désormais : « Avec mon film, je veux essayer de montrer toutes les facettes de


Glenmor. En dépoussiérer certains aspects, sans rien trahir non plus de ce qu’il a été ».

D’une durée de 52 minutes, le film sera projeté en avant-première au Grand Bleu, le 22 juin prochain, à l’occasion de la semaine d’hommage organisée à Carhaix par l’association Glenmor : an Distro. « J’ai trouvé le soutien de la Région, du CNC, de France 3 Ouest et des trois chaînes bretonnes de la TNT : TBO ; TV Rennes 35 et Ty Télé, pour un budget de 150 000 € », explique le réalisateur qui s’est adjoint le renfort du nec plus ultra de la vidéo numérique. « Avec un son de haute qualité et une caméra permettant un superbe rendu cinémato- graphique. »

Jean-Pierre Bénard

Écrit et publié le 8 avril 2011.