Une action formatrice

Les conception pédagogiques de Christian Dahomay se rapprochent de celles de l'école de FOUBAP dirigée par Naffer FRITZ) installée à Caringe sur la commune de Pointe à Pitre

Du côté de l'Akadémiduka, il est à noter l'excellent travail d'enseignement de Yves THÔLE (également fabricant de Ka). Dans cette association, danse et musique sont enseignés étroitement.
L'Akadémiduka a présenté un projet de formation de formateurs qui fait plutôt état d'un contenu (thèmes abordés, formateurs pressentis) que d'une méthode.
Cependant, au vu de l'expérience de cette association, de la qualité des enseignements proposés, de l'accent mis dans la relation entre la musique et la danse, nous pensons que ce projet doit être pris très au sérieux.

Pour l'enseignement de la danse, nous avons également rencontré Madame Katia CASSIN dont l'expérience au sein de l'école de danse de Françoise GEFFRIN à Basse-Terre nous semble intéressante à cause de la confrontation de sa pédagogie à celle des autres styles de danse enseignés dans l'école. Madame Katia Cassin travaille à une terminologie en matière de danse traditionnelle.

Pour le Quadrille, bien que son milieu de transmission naturel soit le bal ou les réunions des associations, il serait souhaitable que ce style de danse puise se confronter à d'autres formes. Ceci pourrait certainement permettre une mise en valeur du Quadrille et des vocations pourraient voir le jour chez les jeunes. En matière musicale, les associations de Quadrille sont en manque de jeunes musiciens, trop peu nombreux à s'intéresser à cette musique.

L'image de l'accordéon n'est pas très bonne auprès d'eux. Les responsables des associations de Quadrille sont soucieux d'organiser la formation mais n'ont pas encore entamé ce genre d'action. Des formateurs potentiels existent toutefois.

La communauté indienne

Pour les musiques des communautés d'origine indienne, le travail des responsables associatif est important. La sensibilisation en milieu scolaire est un axe d'intervention prioritaire mais elle est effectuée de façon bénévole. Des musiciens et des danseurs venus de l'extérieur (Inde, Trinidad, Réunion, France) ont déjà participé à des sessions de formation en Guadeloupe. Les moyens manquent pour recevoir de tels formateurs. Pour ces musiques, il va de soit que la recherche auprès des maîtres, qui sont des personnes âgées, est une priorité avant une réflexion sur la transmission. le Nadron (forme d'expression à la fois théâtrale, chorégraphique et musicale) et toutes les autres manifestations sonores (souvent liées à des rites religieux) sont à faire connaître davantage.

La biguine

La biguine est à valoriser. Ses caractéristiques rythmiques, les modes d'improvisation doivent faire l'objet d'une initiation, notamment en direction des jeunes musiciens. Plusieurs anciens musiciens expérimentés sont prêts à faire part de leurs expériences et de leurs savoir-faire pour que cette musique ne soit pas dénaturée dans l'avenir.

Les groupes qui présentent des spectacles folkloriques sont demandeurs en matière de formation. Ils devraient pouvoir bénéficier d' informations sur les sources des musiques traditionnelles auprès de chercheurs. Leurs recherches en matière de mise en scène et de chorégraphie demanderaient un soutien de la part de professionnels de ces domaines. Ceci permettrait de mettre en valeur leurs spectacles et offrirait une meilleure image de la Guadeloupe et de ses traditions à l'extérieur.

Pour tous ces styles de musique traditionnelle, il existe une demande de formation de formateurs.

La pré-enquête de l'Akadémiduka auprès des stagiaires potentiels pour son projet de formation, démontre que beaucoup de gens sont intéressés. Ce type d'action pourrait être englobé dans les activités du futur centre des musiques traditionnelles.

L'idée de créer des diplômes guadeloupéens de danse traditionnelle ou de Gwo-Ka ne semble pas pertinente. Dans l'avenir il vaudrait mieux que les formateurs se confrontent aux pratiques pédagogiques de l'extérieur (de la Caraïbe, de l'Afrique, de l'Europe). Certains d'entre eux pourraient bénéficier de bourses leur permettant de suivre des formations dans des institutions de Cuba, du Canada, de France ou d'ailleurs.
Rappelons que la France a institué le diplôme d'état et le certificat d'aptitude pour les musiques traditionnelles pour les formateurs désirant enseigner dans les écoles de musique. la danse n'a pas encore fait l'objet de telles mesures puisque l'État est conscient que la danse traditionnelle est surtout enseignée en milieu associatif et presque en totalité par des bénévoles.


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