Le cercle de Rostrenen triomphe devant 350 spectateurs à l’espace Glenmor

Des danseurs sur les chemins du cœur


Dimanche, le cercle celtique de Rostrenen a présenté son nouveau spectacle «Gwenojenn ar galon» sur la scène de l'espace Glenmor. Entourés par un ensemble de musiciens et de chanteurs de haut niveau, les danseurs costarmoricains ont proposé un superbe voyage choré- graphique dans les terroirs du centre-Bretagne. Un bel hymne à la dans fisel, entrecoupé des interventions remarquées des compères conteurs et musiciens Jean Le Floc’h et Christian Duro.

«On dit qu’en Bretagne, il se passe des histoires extraordinaires. Peut-être même extravagantes», lance, la mine mystérieuse, Christian Duro, le conteur et musicien invité dimanche par les danseurs du cercle celtique de Rostrenen. «Peut-être les paysages de landes et d’ajoncs y sont-ils pour quelque chose ?», poursuit, le conteur, avant d’emboucher sa treujenn-gaol, la clarinette chère aux musiciens tradition- nels du pays Fisel. «Chevaier, qui donc est ta femme ?», demandent tour à tour à l’oreille du pauvre hère, les bises hivernales invoquées par le souffle d’un accordéon et la voix du conteur. «La fille du Roi», répond, invariablement, le héros du conte à la recherche de son alter ego féminin.

Un duo amoureux d’uileann pipe et de bombarde plus tard, et les chapeaux de feutre à bords taupés mêlés aux bonnets de dentelle naguère portés par les sœurs Goadec, investissent la scène à leur tour. Main dans la main, les danseurs croisent leurs pas sur un pach pi de Haute Cornouaille.


Dimanche, les danseurs et musiciens du cercle celtique de Rostrenen ont triomphé avec «Gwenojenn ar galon», leur dernière création chorégraphique en hommage aux danses centre bretonnes.

Le chant à répondre de Jean-Daniel Bourdonnay et Christian Rivoalen fait des merveilles sur la chorégraphie dynamique des costumes sombres et austères du centre-Bretagne.

La danse s'emballe

«Bonjour d’ar plac’h yaouank», lancent, a cappella et avec vivacité, les deux compères chanteurs, après que les danseurs aient claqué des talons sur le plancher de scène en reprenant à la manière d’un battement de cœur la métrique particulière du kan-ha-diskan. Le noir profond des premiers costumes fait place à une palette de couleurs bleues, jaunes, ocres et rouges. Et la danse s’emballe enfin sur une superbe suite de gavottes fisel saluée et bissée sous un tonnerre d’applaudissements.

«C’est magnifique», s’exclame, Myriam, une spectatrice, admiratrice des repliements de jambes virtuoses de la dans fisel, avant que danseurs et musiciens ne prennent les chemins du hall de l’espace Glenmor. Histoire de faire battre une nouvelle fois le cœur des spectateurs sur le rythme d’une ultime gavotte centre-bretonne.

Jean-Pierre Bénard

Chronique du spectacle Gwenojenn ar galon, présenté par le cercle celtique de Rostrenen à l'espace Glenmor, le dimanche 9 octobre 2005.