500 personnes ont assisté au concert donné à Rosporden

Le dub acoustique et engagé de High tone


Après le concert de dub anglo-jamaïcain de Zion train en avril dernier, le centre culturel a proposé le 4 mai 2002, High Tone, l’un des meilleurs groupe de dub français devant une salle archi-comble, avant le feu d’artifice du même genre musical, attendu avec le festival «Züll» organisé à Scaër.

En fond de scène, des images de méduses océaniques glissent sur un écran géant. Des nappes de sonorités électro- niques et liquides, se dilatent et envahissent la salle en fusionnant avec le son aigrelet d’une cithare japonaise. Arc-bouté sur ses platines et ses galettes de vinyle, Lionel, le Dj, distille dans la pénombre une rythmique de motifs musicaux scratchés. Massés devant la scène du centre culturel, quelque cinq cents jeunes spectateurs déjà familiers, à l’évidence, de ces sonorités métissées popularisées dans les «free parties», se sont embarqués pour le voyage musical et sensoriel initié par les musiciens lyonnais de High tone.

Musique urbaine et technique

«On propose une fusion entre musique électronique et acoustique, confie Fabrice, le bassiste du groupe. Il y a des influences orientales, mais on ne fait pas de la world. Juste un collage, une juxtaposition entre musique urbaine et ethnique.»


Le public de Rosporden a apprécié la «French touch» des musiciens lyonnais de High Tone. (Photo : Jil)


Dans la salle, le dub léger de Taniotoshi ou de Short visit, titres extraits du dernier album, a fait place à la batterie métronomique et glaçante de Bad weather. Mauvais temps, en effet. Des images hachées et mélangées de marches pour les droits civiques US, et de répression sanglante de dicta- tures sud-américaines, ont remplacé les abstractions océanes.

Le grondement obsession- nel d’une basse omniprésente souligne le tragique des images. Sur son clavier d’ordinateur, Nico, le sixième musicien de High tone, anime les images d’un maladroit robot danseur de hip hop, écarquillant répétiti- vement des yeux mécaniques et incrédules


sur ce monde déchiré par les violences urbaines. En fin de concert, avec Hard working, et des images de nuages amoncelées au-dessus de paysans tibétains perdus dans leurs vallées himalayennes, les musiciens de High tone sont venus aussi rappeler que, décidément, il reste beaucoup à faire.

Jean-Pierre Bénard

Chronique du concert de High Tone donnée le samedi 4 mai 2002 au centre culturel de Rosporden (Finistère).