C - Le rôle des institutions et des collectivités


Un réseau cohérent

Face à un secteur qui n'est pas organisé, l'État, par l'intermédiaire de la Direction Régionales des Affaires Culturelles, n'a pu aider que les projets bien particulier de certaines associations, sans pouvoir construire une politique globale.

La volonté ferme de la D.R.A.C et de la Direction de la Musique de vouloir créer un centre des musiques traditionnelles en Guadeloupe va dans le sens d'une définition d'un projet cohérent.

En ce qui concerne l'Éducation Nationale, il existe un travail efficace des conseillers pédagogiques. Les musiques traditionnelles ont la chance d'avoir parmi eux, deux personnes essentielles : Edouard Benoît (conseiller pédagogique en éducation musicale) a mis en place des projets très complets de sensibilisation auprès de scolaires. Il a également édité des documents pédagogiques sous forme de recueils de chants.

Jacqueline CACHEMIRE (conseillère en éducation physique et sportive) travaille depuis vingt ans pour une introduction de la danse traditionnelle à l'école maternelle, à l'école primaire et au collège.

Pour elle, la danse traditionnelle peut servir de support pour une éducation corporelle et musicale de l'enfant. A son initiative ont été organisées quatre universités d'été aux Antilles (Guadeloupe, Martinique et Guyane).Ces stages se sont adressés à des professeurs d'éducation physique qui utilisent aujourd'hui la danse traditionnelle dans leurs pédagogies

Une mise en réseau des initiatives

Il y a de nombreuses interventions de groupes musicaux à l'école. Les associations "Les Amis de l'Inde" et 'l'Institut du Monde Indien",ont organisé des actions développées de sensibilisation aux traditions indiennes en milieu scolaire avec l'aide de municipalités (St François, principalement). Notons qu'il n'existe pas de musiciens intervenants diplômés dans l'île (titulaires du D.U.M.I).

En ce qui concerne la Région Guadeloupe, comme pour l'État,il ne semble pas qu'elle ait défini pour le moment une stratégie pour les musiques traditionnelles. Les projets qu'elle a soutenus (aide aux festivals, aide à l'édition) ont été défendus par des personnes ou par des associations, non par des fédérations ou des groupements. De plus, la concertation entre État, Région et Département, pour une aide à des projets d'envergure n'a pas encore eu lieu. Le Conseil Régional souhaite participer à des projets qui puissent avoir un écho à l'extérieur de la Guadeloupe et voudrait favoriser la mise en réseau d'un travail collectif.

La Région a pour vocation d'aider la formation (formation de formateurs). Elle veut mettre en valeur "les formes les plus originales de la tradition" (le Quadrille, ou les musiques indiennes dont elle estime qu'elles sont menacées). Le Département.a crée des institutions de documentation qui intéressent le domaine des musiques traditionnelles.

La médiathèque Caraïbe, créée par le Conseil Général, et dirigée par Madame Odile BROUSSILLON devrait permettre aux chercheurs de pouvoir accéder à la riche documentation existante sur la Caraïbe. Cette institution organisera des journées d'études sur la musique caribéenne en Janvier et Février 1997 avec la venue de spécialistes de plusieurs pays voisins.

Une médiathèque

La médiathèque Caraïbe, qui est installée à Basse-Terre, est un lieu de conservation et projette d'avoir une action de diffusion, en particulier avec son travail sur Internet. Elle travaille au traitement de l'information en matière de culture caribéenne. Les archives départementales, dirigées par Madame BOUCHER, sont prêtes à collaborer avec les chercheurs.
En dehors du fond écrit, qui est riche en matière d'information sur la musique, les archives possèdent des enregistrements (enquêtes du musée des arts et Traditions Populaires).

Xavier Vidal


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