Jean-Paul Layen fabrique du rêve roulottier

Avec son association Niglofab, Jean-Paul Layen s’est installé à Plouyé, où il fabrique à la demande des roulottes gitanes.

Il a bourlingué durant 15 années en Guyane et au Brésil, avant de poser son sac en Touraine, puis en Bretagne, où il fabrique désormais des roulottes gitanes sous la raison sociale, Niglofab. « Le niglo, c’est le nom donné au hérisson en romanès, la langue des Tsiganes, confie avec un sourire Jean-Paul Layen. Et par extension, c’est aussi le nom de tous ceux qui sont sur la route. »

Et la route, cet ébéniste de formation l’aime et la connaît comme nul autre. « J’ai gravité un peu partout : en Guyane, où j’ai appris un créole mélangé de mots anglais, néerlandais, portugais et africains et aussi au Brésil, où j’ai bossé sur des crevettiers », raconte-t-il au souvenir de compagnons de travail, « Qui ne savaient ni lire, ni écrire, mais qui m’ont beaucoup appris. »

« Il m’a foutu ça dans la tête »

Né d’un père irlandais et d’une mère manouche d’origine catalane, Jean-Paul Layen a retrouvé ses marques en Europe, grâce à ses amis gitans. « Quand tu reviens au milieu des sédentaires, t’es un peu largué, avoue-t-il en évoquant son retour. Alors que chez les gitans, t’es accueilli. Ils ont une mentalité ouverte proche de celle des Indiens d’Amérique, ou des Celtes », affirme aussi le menuisier-ébéniste de 53 ans, en confiant avoir contracté sa passion pour les roulottes traditionnelles de l’un d’eux.


Jean-Paul Layen a contracté le virus des roulottes gitanes auprès de son ami Pierre Durville (au pied de sa roulotte, sur la photo au mur), et fabrique ses modèles uniques avec son association Niglofab (Photo©Jean-Pierre Bénard).


« De Pierre Durville. Toubit, de son surnom gitan. Il m’a foutu ça dans la tête et j’en ai mis une en construction, », sourit-il en montrant une photo de son ami affichée sur l’un des murs de son atelier. « Achevée en 9 mois, elle s’est vendue aussitôt et j’ai alors arrêté mon atelier de meubles en Touraine, il y a 7 ans. »

« Payé pour être pauvre »

Depuis, Jean-Paul Layen fabrique ses roulottes de style tonneau irlandais ou verdines à chevaux, à raison de 1 à 2 par an. « Quand elle est tôlée, tu n’es pas à la moitié du boulot, assure-t-il. Il faut prendre son temps pour bien travailler et compter


6 mois pour terminer une verdine à chevaux. Mais, moi, je fais des roulottes qui roulent ! », insiste cet amoureux du travail bien fait, au quotidien parfois un peu spartiate.

« Je suis payé pour être pauvre », lâche, un brin philosophe, ce créateur de modèles de roulottes uniques, qui séduisent artistes et clients épris de rêve roulottier.

Jean-Pierre Bénard

Association Niglofab : 06 85 66 47 34 et www.layen.com