Les 20 000 lieues sous les mers de Jean-Louis Maurette

Le plongeur photographe Jean-Louis Maurette et le libraire carhaisien Philippe Marie partagent une même passion pour l’archéologie sous-marine.

«Je suis tombé par hasard sur le bouquin de Jean-Louis Maurette, en me baladant au dernier Festival du livre. Et forcément, ça m’a parlé», confie Philippe Marie, le libraire de la Maison de la presse, à propos du livre Les gardiens du silence. Un ouvrage évoquant quelques-unes des épaves sous-marines les plus remarquables, gisant au large de la Bretagne. «Tout ce qui sort un peu de l’ordinaire dans le domaine des livres m’intéresse», explique le libraire, sans faire mystère plus longtemps de son propre goût pour les profondeurs océanes. «J’ai un peu le même cursus que Jean-Louis Maurette avec des plongées à 60 m. Pour moi, c’est sûr. Sans le côté mer, je ne serais pas venu m’installer en Bretagne pour vendre des livres.»

D’une famille originaire de Doëlan, le plongeur photographe affiche de son côté un intérêt jamais lassé pour le patrimoine maritime. «J’ai fait quelque 450 plongées en 20 ans, dont plusieurs en eaux profondes avec un mélange spécial d’hélium, d’azote et d’oxygène pour pouvoir respirer à 85 m», raconte Jean-Louis Maurette, toujours en quête de nouvelles épaves sous-marines enfouies sous 20 000 lieues d’émotions et de sédiments.

Le vertige de la découverte

Son coup de cœur ? «Pour le submersible allemand U 171, coulé au large de Groix le 9 octobre 1942.» Repéré en 1982 seulement par un chasseur de mines de la Royale, son exploration lui a valu le grand frisson. «En quittant à reculons la salle des torpilles


À cet emplacement figure la photo du plongeur Jean-Louis Maurette.

Le plongeur photographe Jean-Louis Maurette a dédicacé son dernier livre Les gardiens du silence, à la Maison de la presse de Carhaix. (Photo©Jean-Pierre Bénard).


arrière, mes bouteilles se sont accrochées. A cause du nuage de sédiments et de morceaux de rouille soulevé par nos déplacements, j’étais dans le noir complet. Pendant 2 ou 3 secondes, je me suis dit : c’est l’heure.»

Pris par le vertige de la découverte, le plongeur en oublie ce jour-là de faire des photos. «Je suis revenu dedans une autre fois. On connaît mieux l’épave et on sait où on va.» Aujourd’hui, ce ne serait plus possible. «Après une intervention des familles des disparus et par égard pour les 50 bonshommes restés là, c’est maintenant interdit.» Une éthique de la plongée que Jean-Louis Maurette se fait un devoir de respecter. «Dans le petit monde de la plongée, ceux que l’on appelle les ferrailleurs ne sont pas appréciés du tout.»


Déjà auteur d’un premier essai d’archéologie du fond des mers intitulé Les messagères de l’histoire, ce passionné d’exploration maritime a consacré les 176 pages de son dernier livre Les gardiens du silence à une quinzaine d’épaves de sous-marins. Requins d’acier échoués au large des côtes bretonnes et ailleurs dans le monde tout au long du XXe siècle, réunis dans l’ouvrage édité par Keltia Graphic. «C’est un sujet original, jamais traité en France. En tout cas, pas sous cette forme documentaire, couplée à des récits de plongées illustrés de nombreuses photos.»

Jean-Pierre Bénard

Les gardiens du silence, récits de plongées sous-marines de Jean-Louis Maurette, aux éditions Keltia Graphic.


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