À La Roche, les polychromies solaires de Jean Ollivier

Le peintre et sculpteur polychromiste Jean Ollivier a exposé durant tout l’été 2013 à la chapelle Notre-Dame-de-La Roche, à Saint-Thois (Finistère). Rencontre avec un artiste spézétois, à la spiritualité nourrie par le soleil de minuit.

La matinée de fin d’hiver est frisquette et trois bûches finissent de brûler dans l’atelier du peintre. « J’ai passé six mois dans un monastère en Finlande pour apprendre les techniques de confection des icônes, raconte Jean Ollivier. Mais je crois que c’est la forêt finlandaise qui m’a construit, après que j’eus quitté ma Bretagne natale et laissé derrière moi mon éducation catholique, bretonne et française, de la côte. »

Le débit de l’artiste est passionné et les souvenirs colorés d’un long séjour en Scandinavie abondent. « J’ai vécu douze ans et demi en Finlande, se remémore avec émotion le peintre-sculpteur. Et j’ai connu ce soleil de minuit, un 24 juin, au moment du solstice d’été. L’atmosphère dans la forêt, les couleurs... et le ciel, baigné en permanence par cette clarté solaire... c’était magnifique. »

« Les branches du triskell »

Sous ces latitudes extrêmes, au fil des solstices, le peintre spézétois s’est forgé une inspiration et un style. « En étudiant la polychromie, explique l’artiste, je me suis aperçu que, bien avant notre ère, le symbolisme avait déjà une grande place chez les Sumériens. Notamment dans la représentation du soleil, des étoiles et des galaxies. Les Celtes aussi, affirme Jean Ollivier, ont repris la symbolique de l’eau, de la terre, et du feu, avec les trois branches du triskell. Je m’en suis d’ailleurs inspiré pour une sculpture à destination de la salle du gouren, à Spézet. »

Depuis plus de 35 ans, la polychromie n’a jamais cessé d’être le terrain de recherches du peintre et son travail actuel en porte toujours la marque.


« Ici, à Spézet, avec mon travail de sculpteur-polychromiste, j’ai pu toucher un gars de la déchetterie, un couvreur, un chaudronnier, un toubib, ou encore un directeur d’une école Diwan. En ville, ce serait beaucoup plus cloisonné », dit aussi Jean Ollivier. (Photo : © J-P. Bénard)


« Ma prochaine exposition est en germe ici (Jean Ollivier montre un ensemble de quatre œuvres accrochées aux murs de son atelier, dont une, inspirée par le dieu gaulois Belenos). Belenos, un mot qui signifie brillant, brûlant ou encore resplendissant et qui représente la lumière solaire, signe de santé chez les Celtes. Finalement, détaille l’artiste au sujet de cette sculpture polychrome, c’est une représentation du soleil et de la galaxie. »

« Un joli tour de force »

Durant l'été 2013, l’œuvre du peintre-sculpteur Jean Ollivier a été accueillie à la chapelle Notre-Dame-de-La Roche, dans le cadre du 3e festival Les Passeurs de sons. « La démarche des organisateurs m’a tout de suite plu, sourit l’artiste. Amener la musique classique à Saint-Thois, je trouve ça super. Et présenter un dieu celtique gaulois dans une chapelle, je trouve que c’est un joli tour de force ! »


« Pour ma part, explique à son tour Cathy Le Bolloc’h, l’initiatrice des Passeurs de sons, je pense qu’il y a dans le travail de Jean Ollivier, une spiritualité qui s’accorde tout à fait avec le patrimoine de statues polychromes, qui sont présentes dans la chapelle de la Roche. Et ce fût un grand honneur pour nous d’accueillir son travail de sculpteur et de chercheur en polychromie, à l’occasion du festival. »

Jean-Pierre Bénard

Portrait du peintre et sculpteur Jean Ollivier écrit et publié en mai 2013.