Jean-Yves Lafesse : un humour décousu de fil blanc

L’humoriste Jean-Yves Lafesse a donné son spectacle seul-en-scène, devant 300 spectateurs réunis au Glenmor, le 7 février 2015.

Tout commence avec une salle du Glenmor plongée dans l’obscurité, pendant que la sono diffuse une tonalité annonçant le énième canular téléphonique de Jean-Yves Lafesse. « Allô ? Bonjour Monsieur. C’est les Ponts-et-chaussées. » Au bout du fil, un quidam éberlué se voit accuser d’avoir balancé une saucisse nuitamment dans une rivière, à Hennebont. « Ça a rameuté les poissons qui sont devenus fous furieux avant d’attaquer les piles du pont ! » La blague s’éternise un peu quand sonne bientôt une bombarde énervée, à la façon des Ramoneurs de menhirs. « Moi, lance tout de go l’humoriste d’une voix chevrotante, je suis Germaine Ledoux, née sous X sans avoir jamais fait un film porno ! »

« Faut creuser ! »

Au fil des minutes, le bric-à-brac des jeux de mots et calembours glanés par l’amuseur durant ses 33 années de carrière, se perd en une série de coq-à-l’âne quelque peu laborieux. « Les blagues de cimetière, glisse l’humoriste au détour d’une suite de petits jeux de société noués avec les spectateurs, c’est pas évident. Ça ne tombe pas du ciel... faut creuser ! » Entre allusions graveleuses de galette saucisse,


Jean-Yves Lafesse était samedi 7 février 2015 sur la scène du Glenmor avec Détraqué, son spectacle seul-en-scène. (Photo : © Jean-Pierre Bénard)


de petit écureuil qui vous apporte un gland et de pendule à Mémé, Madame Ledoux, alias Jean-Yves Lafesse, met aux enchères les cendres de son défunt mari. « J’ai mis Robert dans un bocal à cornichons... parce qu’il avait toujours voulu reposer parmi les siens. »Au bout du compte, secondé par Michel, « son souffleur intermittent », et Mathieu, son accordéoniste virtuose déniché impromptu en haut des gradins, Jean-Yves Lafesse pousse aussi


la chansonnette. « Boudiou, que la Bretagne est belle ! », chantonne-t-il sur cette mélodie phare des années soixante. « Quand je serai grand, Jean Ferrat quelque chose », lâche-t-il enfin au terme d’un spectacle à l’humour décousu et sans grand ressort. Pour trouver du peps, Madame Ledoux va devoir encore creuser !

Jean-Pierre Bénard


Papier publié à l'occasion du spectacle seul-en-scène de Jean-Yves Lafesse, donné à l'espace Glenmor, à Carhaix, le samedi 7 février 2015.