Katell, la poésie extravagante du grand parler

Dimanche, la conteuse d’origine wallonne sera sur la scène de l’espace Glenmor pour 90 minutes d’un voyage mêlant textes poétiques, contes et musique.


Elle se sent belle une fois par an. Vous tombez bien. Ce sera ce dimanche, en compagnie des saxophones de Yannig Jory et de l’accordéon de Robert Kervran. «J’essaie de ne pas perdre mon humour et mon rire. Mais c’est quand même un grand défi pour moi, ce choix du 1er avril. Disons que je préfère être le petit poisson d’avril de quelques-uns, que d’être le gros dindon de la farce», sourit Katell au sortir de 3 mois de préparation de son nouveau spectacle.

Chantre infatigable d’une poésie batteuse d’estrades, la conteuse wallonne-bretonne garde toujours une foi jubilatoire dans les mots, surtout quand ils sont déclamés haut et fort. «C’est ce qui me fait tenir debout. Sinon, je serais au fond du puits», avoue-t-elle sans ambages. Souvent aux prises avec une créativité en ébullition permanente, Katell a choisi cette fois-ci de revenir à quelques-uns des auteurs qui fleurissent en permanence dans son jardin secret. «Je pense que j’ai fait un beau mélange. Tous les jours je trouve quelque chose. Il y a toujours des auteurs issus du berceau celtique : Xavier Grall, un texte de Glenmor, beaucoup de René-Guy Cadou, ainsi que le surréaliste Henri Michaux et la Libanaise Nadia Tuéni. Et, pour la première fois, deux ou trois textes des miens.»

Ce sera du flamenco

Pas tout à fait de la poésie. Mais des textes qui seront interprétés avec ce style extravagant qu’on lui connaît et proche sans doute du grand parler évoqué par le conteur Henri Gougaud. «Comme quand je vais chopper les gens et que je les fais décoller. D’ailleurs, je vais dire aussi quelques contes. Il y en aura un d’Anatole Le Braz, et aussi un conte africain...


À cet emplacement figure une photo de Katell tendant les bras vers Pegase.

Katell, la conteuse, sera dimanche sur la scène du Glenmor pour un spectacle jubilatoire où le verbe, la poésie et la musique seront rois. (Photo©Jean-Pierre Bénard).


Les gens aiment bien ce grand côté fantaisie, ludique. Ça leur fait du bien.»

Katell livrant enfin ces textes qu’elle bichonne amoureusement au fond de sa cuisine depuis si longtemps, ce serait une première ? «Oui. Je ne les ai jamais dits sur scène, mais quand mes amis les entendent, ils me disent : « Qu’est-ce que ça te va bien ce truc-là ! De qui c’est ?». Tous ces textes, c’est comme si dans ma mémoire, j’avais retrouvé le vieux manteau de mes connaissances. Je découpe tout ça à ma façon mais le résultat dépendra beaucoup du public. Ce sera le flamenco ou La Belle et la Bête ! (allusion à deux récents spectacles du Glenmor. N.D.L.R.). Je ferai peut-être les deux en même temps !»

Encore en répétition ce vendredi et demain samedi avec ses musiciens, Katell ne perd pas de vue l’essentiel pour autant. «Pour moi, c’est vraiment comme si j’allais à un mariage et que tous mes


invités soient là. C’est comme une fête où il y aura les poètes Robert Desnos et Nazim Hikmet. Il faut beaucoup de ténacité pour s’accrocher à une créativité dont tout le monde se fiche par ailleurs. C’est pour ça que je suis très reconnaissante à Daniel Thénadey d’avoir pris le risque de m’inviter.»

Jean-Pierre Bénard

Papier d'annonce du spectacle de la conteuse Katell : «Je suis belle une fois par an. Vous tombez bien, c'est aujourd'hui !», donné à l'espace Glenmor de Carhaix(Finistère), le 1er avril 2007.