La 4e édition n’a pas rencontré le public escompté au Glenmor

Le Kreizhiver victime de la froidure


Malgré la potion de rock hivernal savamment dosée par Sortilège asso et Olivier Akik, la 4e édition du Kreizhiver n’a pas rassemblé le public espéré par ses organisateurs. Une centaine de spectateurs seulement ont osé se découvrir les oreilles au pied de la scène du Glenmor, pour goûter au blues rock d’Oddballs, à la pop de Calico, ou aux riffs énervés des punks brestois de Sprayback tempérés des petites loupiottes de la Quincail' Cie.

Sur un écran, des images furtives de mégalopoles de science-fiction alternent avec des paysages de vallées profondes, tout droit sorties du Seigneur des Anneaux. «T’as vu, c’est Obiwan Kenobi», souffle un spectateur à l’oreille de sa voisine, tandis que VJ Pirats divertit l’attente du public du Kreizhiver, avec ses mix vidéo mâtinés de combats d’arts martiaux hachés d’un zeste de «Force obscure».

«Ça ne dérange personne si on fait un blues ?», demande Pierre Quillivic, le guitariste d’Oddballs, alors que sa formation distille depuis un moment déjà, un blues rock essuie plâtre de très bonne facture inspiré du rockeur irlandais Rory Gallagher, rehaussé d’une touche de métal Zeppelin. «C’était assez dur pour eux de démarrer la soirée. Ils ont beaucoup travaillé et viennent de sortir un nouveau cédé 5 titres», confie, pour sa part, Céline, un


Samedi, les blues rockeurs d’Oddballs ont eu le redoutable privilège d’ouvrir la 4e édition du Kreizhiver de Sortilège asso.


des piliers de l’association Rock Fort, venue donner un coup de main.

Textes doux amers

«Bonsoir, on est Calico et on vient vous présenter notre dernier album : La posture», lance, à son tour, Jean-Marie Le Goff, le chanteur de ce groupe centre breton aux textes accrocheurs d’oreilles. «Il fallait risquer la déraison. Car il suffit le plus souvent de passer le pont», énonce-t-il, en chanson, au sujet des secondes perdues en vain au long d’une vie. «Si on avait un peu plus de courage au quotidien, le monde irait sûrement mieux», explique, par ailleurs, ce jeune chanteur aux paroles empreintes des textes doux amers d’un Souchon, et des


vocalises éruptives d’un Balavoine. «Aujourd’hui, il n’y a plus de chanteurs à voix. Le chanteur de Calico en est un. Il a des choses à dire et en plus il les dit bien», confie, en connaisseur, Pascal Caza, ex chanteur du groupe de rock Basta. Dans la salle soudainement plongée dans l’obscurité, les petites loupiottes blanches et rouges de la Quincail’Cie entament leur danse virevoltante. Sur un fond de mix sonore tour à tour âpre et bucolique, les danseurs vêtus de noir fendent le public. «Salut tout le monde ! Est-ce que vous connaissez une superbe station balnéaire qui s’appelle Brest ?», attaque, bille en tête, le guitariste encagoulé des punks rockeurs brestois de Sprayback.

Les chansons à texte de Jean-Marie Le Goff et du groupe Calico ont su retenir l’attention du public du Glenmor.

«J’ai jamais compris pourquoi j’ai été me coltiner tout ça !», s’exclament les chanteurs de ce combo très énervé, sur fond de riffs brouillons et de brèves stridences cuivrées. Au pied de la scène, oreilles découvertes, les spectateurs viennent goûter cette dernière dégelée de décibels surchauffés clôturant la 4e édition du Kreizhiver.

Jean-Pierre Bénard

Chronique de la 4e édition du Kreizhiver, organisé par Sortilège asso le samedi 25 février 2006 à l'Espace Glenmor de Carhaix, (Finistère).

Les rockeurs brestois de Sprayback ont adjoint une section de cuivres à leurs guitares punk énervées.