Mauss, le rockeur transi d'amour

Il déboule guitare gauchère au côté, sur la scène Glenmor des Vieilles Charrues. «C'est un jeune chanteur au coeur pur-sang».


«C'est l'année du Chien !», s'exclame à son tour Mauss, le rockeur lyonnais de 26 ans avec ce premier titre tiré de son album éponyme. A dix-neuf heures tapantes, devant un public encore écrasé de chaleur, le combo rhône-alpin fait à nouveau monter la température avec le souffle brûlant de basses vrombissantes. «Lâche-moi, relâche-moi !», chante-t-il aux prises avec les sentiments contraires de la passion amoureuse.

Évoquant les multiples facettes des amours tourmentées qu'on laisse filer, Fabrice Mauss se fait aussi raconteur d'histoires interlopes. «Avec un conte masochiste pour tous ceux qui aiment le cuir.» Manquant de peu la faute de goût à l'égard du public breton et des boissons tourneuses de têtes, Mauss se rattrape au tour suivant. «Il paraît que vous êtes le meilleur public de France !», s'écrie-t-il, avant d'inviter les spectateurs à la danse,


Mauss a ouvert les Vieilles Charrues avec un répertoire de chansons d'amours. (Photo d'archives X)


«avec une chanson pour guincher qui s'appelle Entre parenthèses». Au pied de la scène, une festivalière arbore un tee-shirt en forme de credo amoureux. «T'es grave, mais je t'aime un max.»


Fabrice Mauss, lui, n'y arrive décidément pas. «L'amour est un combat», avoue-t-il, avec un talent naissant de rockeur transi d'amour.

Jean-Pierre Bénard

Chronique du concert donné par Mauss, le jeudi 20 juillet 2006, au festival des Vieilles Charrues à Carhaix (Finistère).