Nicolas Quéré, assistant-casting au grand cœur

Nicolas Quéré a été l'assistant-distributeur des rôles du film Bowling, tourné pendant l'été 2011 à Carhaix, Brest et Quimper. Rencontre avec un Breton fou de cinéma.

Très tôt, il s’est imaginé un avenir professionnel dans les coulisses du septième art et la suite lui a donné raison. « Je m’étais inscrit en fac de cinéma à Jussieu, mais c’était vraiment trop théorique pour moi », confie en souriant Nicolas Quéré, un Finistérien attaché à ses origines léonardes.

« Quand j’étais gamin, je passais mes deux mois de vacances d’été dans la ferme de la famille de mon père, à Saint-Pol-de-Léon. Ce sont mes racines », raconte aujourd’hui l’assistant pour la distribution des rôles du film Bowling, réalisé cet été à Carhaix par Marie-Castille Mention Schaar.

Sa chance cinématogra- phique, Nicolas Quéré l’a saisie à l’occasion d’un premier stage rémunéré sur le tournage d’un film. « Un sésame qui m’a ouvert la possibilité de faire mes preuves et de trouver ma famille de cinéma. »

« Des grosses machines »

Depuis, le jeune assistant-réalisateur n’a pas manqué de faire fructifier ce capital de départ. « J’ai travaillé aussi bien pour des grosses machines style Arthur et les Minimoys, de Luc Besson -- un genre où foisonnent effets spéciaux, pyrotechnie et cascades -- que pour des films à petit budget comme Jimmy Rivière, tourné récemment sur les gens du voyage par Teddy Lussi-Modeste. »

Professionnel du grand écran, Nicolas Quéré avoue aussi se laisser guider, parfois, par ses coups de cœur pour ces sujets hors-normes. « C’est ce type d’aventure que j’affec- tionne particulièrement dans


Nicolas Quéré, assistant casting (à gauche), ici aux côtés d’Anne-Sophie Trémel, étudiante rennaise en arts du spectacle, stagiaire sur le film Bowling, et avec Christophe Istier, directeur de la distribution des rôles du film de Marie-Castille Mention-Schaar (photo©Jean-Pierre Bénard).


le cinéma : il y a un défi à relever. »

Une connaissance du terrain

Branché par ses affinités cinéphiliques avec la préparation du film Bowling, inspiré par la lutte des Carhaisiens pour leur hôpital, le Finistérien de 34 ans s’est rapidement convaincu de la sincérité du projet. « Il fallait constituer une distribution de 800 figurants pendant les deux mois de tournage en juillet et août, et la réalisatrice tenait absolument à ce qu’ils aient été acteurs du combat victorieux mené en 2008 », résume Nicolas Quéré.

Fort de sa connaissance du terrain et de la confiance de Pascal Ralite, le directeur de production du film, notre homme s’immerge aussitôt dans la petite société centre-bretonne, à la recherche de ces silhouettes de cinéma qui font l’épaisseur d’un film réussi. « À Carhaix, raconte-t-il, j’ai croisé Julie Rolland et Mathieu Guillemot,


deux Carhaisiens qui m’ont accueilli à bras ouverts. Au début, je n’affichais pas mes origines bretonnes. Après coup, ça n’a fait que renforcer nos liens d’amitiés. »

« Un certain amour des gens »

Avec leur aide, celle de la mairie de Carhaix et des médias locaux, Nicolas finit par venir à bout de l’ouvrage. « Ce que j’aime dans ce travail, avoue cet assistant casting au grand cœur, c’est les rapports humains. Le casting, insiste-t-il, ça demande du respect et un certain amour des gens. »

Au soir du dernier clap de fin, touché par la « patience et la fraîcheur » des figurants carhaisiens, Nicolas Quéré ne masque pas un certain blues bien breton : « La mélancolie me gagne. C’est la journée des adieux et je vais passer huit jours à me remettre de tout ça. »

Jean-Pierre Bénard