Un temps fort de la vie sociale villageoise

LE RÉCIT D'UNE VEILLÉE DE DÉNOISILLAGE



 

"Lorsque nous avions ramassé assez de noix, nous avions un genre de "claie", que nous appellions, et nous les faisions sécher, à l'abri de la pluie, mais à l'air. Il fallait qu'elles soient à l'air. Elles y restaient parfois deux mois. Il y avait des années où il pleuvait plus et elles séchaient moins vite, et nous disions alors : "On peut pas dénoisiller encore, les noix ne sont pas sèches". Alors nous attendions un mois de plus".

"Pour le dénoisillage, nous faisions cela à la veillée. Nous partions toute la famille : le papa, la maman, le frêre, et nous partions avec la lanterne, où la lampe à carbure. Il fallait bien s'éclairer. Nous n'avions pas de lampe électrique à l'époque!
Et nous partions chez le voisin pour dénoisiller. Lorsque c'était un propriétaire qui avait beaucoup de noix, il fallait y aller deux à trois soirs de suite. Et nous étions 20 ou 25, pas plus parce que les maisons n'étaient pas assez grandes pour nous contenir.
 
 

le dénoisillageLe cassage des noix
Sortir les cerneaux de leur coque de bois...
et frapper les noix sans trop les abîmer.
 

"Alors nous commencions à dénoisiller. Il y avait le "crocaïre" (le casseur). il fallait prendre une poignée de noix, on les plaçaient comme il fallait, et on frappait sans trop les écraser, pour ne pas abîmer les cerneaux. Il y avait un casseur pour 9 ou 10 dénoisilleurs. Ceux qui étaient près du casseur, nous commencions à observer, car il fallait  frapper les noix sans trop les écraser. Ce n'était pas facile."

"Lorsque nous avions fini de dénoisiller, dans certaines maisons, pas toutes, car il y en avaient qui ne le pratiquait pas, nous commencions à ramasser toutes les coquilles brisées, certains débarassaient la table, d'autres portaient des fritons, de la saucisse sèche, un peu de fromage et nous commencions à manger.
 
 

Monsieur et Madame Bladou racontent...Pas de lampe Èlectrique,  l'Èpoque!
Monsieur et Madame Bladou racontent le dénoisillage.
"Car nous n'avions pas de lampe électrique, à l'époque"
 

Lorsque nous avions fini de manger, il y avait de ces jeunes qui arrivaient. Ils ne voulaient pas trop dénoisiller, mais ils venaient pour casser la croûte, et bien sûr pour danser avec quelques filles. Nous étions bien contentes, mais le patron disait :"regardez les moi ceux là, ils ne se sont pas fait trop mal pour dénoisiller!", mais nous en attendant, on s'amusait bien. On cessait de frapper avec le marteau, pour aller taper avec les pieds, pour aller danser une bourrée ou une valse".



 
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