À Poullaouen, la gavotte vibrante d’énergie

La 20e Nuit de la gavotte a rassemblé, le 19 septembre 2009 à Poullaouen, plusieurs centaines d’amoureux de la danse reine du terroir centre-breton.

Il est 21 h samedi et une longue file de danseurs arpente déjà le plancher de la salle des Loisirs sur Metig, une dañs fisel chantée par Christian et Sylvie Rivoalen. « Tud yaouank a Vreizh-Izel, didostait da gleved. » Jeunes gens de Basse-Bretagne, approchez pour entendre, chantent-ils en langue bretonne pour leur énième participation à ce grand rendez-vous de la danse traditionnelle. « On chante ensemble en kan-ha-diskan depuis 15 ans. Mais je chantais auparavant en famille », sourit le jeune artiste au déboulé de la scène.

Le swing de la gavotte accordéon

Les yeux clos par la concentration, Patrick Lefebvre enchaîne à son tour avec une suite de gavottes-accordéon. À grands renforts de coups de soufflets, le piano à bretelles du musicien swingue la gavotte sur des mélodies apprises de Jean Coateval. Au pied de la scène, Aenor écarquille des yeux fascinés. « Elle adore ! », glisse Tugdual, le papa de cette petite fille de 18 mois en plein ravissement. Dans la salle, le pas des danseurs se resserre en ployant sous le nombre. « Je me doutais bien que ça allait être un peu petit », rigole Patrick, un photographe coincé en périphérie de la file.

« L’envie de chanter »

Le fest-noz bat maintenant son plein. La température monte d’un cran et le couple Le Corre - Fustec n’y est pas pour rien. « On est tombées dans la gavotte de Scrignac quand nous étions toutes petites »,


La 20e Nuit de la gavotte a rassemblé une foule considérable d’amoureux de la danse bretonne, emmenée par plus d’une vingtaine de sonneurs et chanteurs du pays, accourus à Poullaouen.


raconte Brigitte Le Corre, en duo avec Marie-Laurence Fustec depuis 16 ans. « J’avais 4 ans quand mes parents écoutaient en boucle les disques édités à l’époque par Mouezh-Breizh. » Elle se souvient avec émotion des chanteurs Yann Thomas, François Le Bris et des frères Auguste et François Morvan. « On avait beaucoup d’admiration pour eux et ils nous ont vraiment donné envie de chanter. »

Une belle variété de timbres

Gaby Kerdoncuff et Youenn Le Bihan embarquent à leur tour la foule des danseurs affamés de gavotte. Le plancher de Poullaouen tressaute en rythme sous les 8 temps de la danse et le chanteur traditionnel Marcel Le Guilloux rejoint la fête à son tour. « Je viens à peu près tous les ans. Si je vais chanter ? Non, sourit-il modestement.


Il y en a bien assez dans le pays pour chanter ce soir. »

Entre duos de kan-ha-diska vibrants d’énergie, sonneurs de couple émérites et gavotte-accordéon aérienne, le fest-noz de la 20e Nuit de la gavotte a donné à entendre une belle variété de timbres et de voix. La gavotte des montagnes est décidément bien vivante et Poullaouen en est toujours le temple incontesté au pays d’Arrée.

Jean-Pierre Bénard



À Poullaouen, le temple incontesté de la gavotte

À cet emplacement figure une photo du couple Le Corre - Fustec.

Des centaines de danseurs affamés de gavottes, des duos de kan-ha-diskan vibrants d’énergie (ici le couple Le Corre - Fustec), ont animé la 20e Nuit de la gavotte à Poullaouen (photo © Jean-Pierre Bénard).