Le Run ar Puns a présenté une sélection de jeunes talents

Objectif Scène : un florilège de styles rock


Samedi, la scène du café-cabaret le Run ar Puns accueillait une nouvelle édition d’Objectif Scène, le tremplin organisé avec l’association Polysonnance. Soap Box, Kaiser Palace, Villanova, Calibistrixe et le DJ Ar Khan se sont disputés les faveurs d’un public venu en nombre découvrir les jeunes pousses musicales et le florilège de styles rock sélectionnés par le jury.

D’entrée de jeu, les musiciens de Soap Box attaquent avec une potion musicale au goût de Massiv Attack mêlé d’un soupçon de Radio Head. «Ca fait partie de nos goûts musicaux», expliquent de concert, Anne, la chanteuse, et Patrice, l’homme des claviers de ce groupe d’électro trip-hop venu du pays Bigouden. Des influences multiples mâtinées de quelques arpèges planants empruntés également à Tangerine Dream et Klaus Shultze, le rock spatial des années 70.

Energie positive

Un décollage négocié en douceur sur la scène du Run ar Puns, pour la fusée de Soap Box et ses passagers pourtant morts de trac. «Pour un premier concert, c’était une tâche assez ardue», avoue Patrice, musicien à l’éclectisme papillonnant, sans complexes, entre le rock islandais de Sigur Ros et la musique bretonne de Balafen, son groupe de fest-noz.

Du côté de Kaiser Palace, on préfère visiblement les guitares dépressives et les ambiances ténébreuses.


Samedi, l’électro-rock des quimpérois de Calibistrixe a enthousiasmé le public d’Objectif Scène, avant que le DJ Ar Khan ne distille sa tec-house en clôture de la soirée du Run ar Puns.

«On ne cultive pas la gaieté c’est vrai», concède Cyril, le batteur de cette formation installée à Quimper. «Nous aimons jouer entre des ambiances différentes. Ca peut être sombre, mais aussi très positif dans l’énergie à la manière du post-rock américain de Sonic Youth et de Tortoise.»

Une énergie dont les musiciens de Villanova se sont montrés prodigues pour leur part. «On a essayé de se bouger sur scène», confie Arnaud, le bassiste de ce groupe de rock fusion venu de Scaër. Avec François, adepte de la pédale wah-wah, des riffs de guitare hendrixiens et Alex, batteur immergé dans une rythmique précise et subtile, ces trois-là disposent d’une formule aux accents funky désormais bien rôdée.

Tout comme leurs potes de Calibistrixe : deux guitares, un batteur et un bassiste serré dans une élégante veste de velours cintré, pour un style électro-rock très différent. «On est passionnés à fond. On espère que notre prochain enregistrement nous permettra d’aller plus loin», explique Olive, le guitariste et chanteur, au sortir de Seven miles, le morceau clôturant leur set. «Mais ce qui est important, c’est la musique. Pas le style», conclut-il.

Jean-Pierre Bénard

Chronique de la soirée Ojectif scène, organisée conjointement par Polysonnance et le Run ar Puns le samedi 8 octobre 2005, à Châteaulin (Finistère).