La rage au cœur d'Olivier Trévidy, ex-chauffeur-livreur

Olivier Trévidy était en concert aux Petits Korrigans, en décembre 2009, à l’occasion de la sortie de « Mise en quarantaine », son dernier album CD et DVD.

On l’avait déjà entendu en concert en décembre 2002, à l’Utopia de Coray. « C’était l’année où nous avons voté à 80 % pour le candidat Chirac. Vous vous en souvenez ? », lançait en décembre dernier le chanteur Quimpérois Olivier Trévidy, au public des Petits Korrigans venu l’écouter à Trégourez (Finistère).

On s’en souvient. Sept ans et quatre albums plus tard, l’artiste nous revient avec toujours la même rage au cœur et son amour de la belle chanson, intact. Que voulez-vous. « C’est comme ça qu’il est. C’est comme ça qu’on dit qu’il est... Et c’est comme ça qu’il restera », chante-t-il, flanqué des deux jazzmen Gildas Scouarnec et Patrick Le Gall à la contrebasse et aux claviers.

« On plume le pauvre »

« Avant d’être chanteur et pété de thunes, eh bien, j’étais chauffeur-livreur et j’habitais à l’époque un petit pavillon HLM », raconte-t-il également entre deux chansons, dans un couplet biographique teinté d’auto-ironie. Depuis, Trévidy ne conduit plus les camions mais pousse des chariots dans les supermarchés du coin, avec sa fille Margot. « Conciété d’supermation ! », lance-t-il en forme de contrepet caustique à l’enseigne de ces temples de la consommation,


Olivier Trévidy ici photographié en concert aux Petits Korrigans (Finistère), en décembre 2009.


dans lesquels, « On plume le pauvre. Et quand il est enfin cuit, pour que l’honneur soit sauf, le croupion sera pour lui... ».

« Les confessions d’un con »

Toutes les histoires d’amour finissent mal et Olivier Trévidy, l'ex-chauffeur-livreur, le chante aussi. « Je vais maintenant vous expliquer pourquoi elle s’est barrée », annonce-t-il sans détour, avant d’entamer Les confessions d’un con, extraites de son 2e album.


Mélange de petits riens du quotidien et de coups de blues rageurs contre les injustices : « Étranger sans papier. Bienvenue chez moi », Trévidy évoque également les déboires et les espoirs des déclassés de la vie, à la face des DRH sans rêves mais avec « Bac + 30 ». Héritier de Brel et de François Béranger, le troubadour quimpérois n’en finit pas de s’étonner, comme eux, « De tous ces mots terribles qui font des chansons ».

Jean-Pierre Bénard