Le cocktail électro world a fait salle comble au Run

Le groove ethnique d’Orange Blossom


Samedi, le Run ar Puns accueillait Olaf Hund et Orange Blossom. Entre bidouillages électroniques, coq-à-l’âne musicaux et arts du cirque, le jeune producteur du label Musiques hybrides a ouvert une première partie déboussolante. Avant d’abandonner la scène à la transe percussive, et aux mélopées électro-orientales des Nantais d’Orange Blossom.

Kiki, le compère mixeur d’Olaf Hund s’emmêle les doigts sur le clavier de son ordinateur à la Pomme. «On recommence tout. C’était pas le bon morceau», s’excuse Olaf, le jeune auteur d’Electric Gipsy Land, un remix à succès de musiques empruntées au Taraf de Haïdouk. Tête bardée d’un chapeau mou et col cravaté d’orange fluo, l’artiste électro souffle en boucle quatre notes jouées au mélodica. Un mur d’infra basses puissantes et répétitives déboule soudain sur la scène. De platine scratchée en scie musicale, Olaf Hund, l’électro-bidouilleur, s’agite, s’essouffle et s’abandonne, tout-à-trac, à la transe d’une pirouette hip-hop.

Déboussolé par tant d’inconstance scénique, de coq-à-l’âne abrupts, et d’errances musicales, le spectateur, dubitatif, s’interroge et reste sur sa faim. Dans la salle, les conversations privées vont bon train. Couettes mutines sur les oreilles, Solaine Caillat, la comparse en performance scénique d’Olaf, fait son cirque


Les rockeurs nantais d’Orange Blossom ont servi un cocktail musical ethnique à base de violon arabisant et de transe percussive.


et danse bientôt sur un fil tendu de funambule. Fondue dans le noir, la silhouette affublée de multiples loupiottes sautillantes, elle tire enfin sa révérence sur un petit fil d’accordéon, à l’émotion bâclée par trop d’empressement fébrile.

Chevauchée musicale

Dans une épaisse fumée de cigarettes, Leïla Bounous, chanteuse algéro-bretonne, ouvre, à son tour, la cérémonie électro-orientale et païenne d’Orange Blossom. A grands coups d’archet arabisant, le violon de PJ. Chabot s’éclate acrobatiquement sur la scène. Les djembés de Carlos Roble Arenas et Mathias Vaguenez


ouvrent, allégrement, une longue chevauchée musicale dans de vastes étendues sableuses et désertiques. Basse hypnotique et transe percussive efficace, nourrissent un groove ethnique vrombissant, aux mélopées mêlées de multiples réminiscences musicales. Dommage, toutefois, que la sonorisation n’ait pas plus joliment servi la voix de la chanteuse Leïla, et les ambitions des musiciens nantais.

Jean-Pierre Bénard

Chronique du concert d'Olaf Hund et d'Orange Blossom, donné le 16 avril 2005 au café-cabaret Run ar Puns de Châteaulin (Finistère).