Yann-Fañch Jacq publie un nouveau roman en langue bretonne

Coup de chaud sur le polar breton


Il a vendu 1200 exem- plaires de «A-berzh mamm-gozh», son premier roman policier en breton publié il y a quatre ans. Aujourd’hui, l’écrivain bretonnant Yann-Fañch Jacq récidive avec un 4e polar breton intitulé : «Tomm eo bet deomp», on a eu chaud en langue bretonne.

Une couverture accro- cheuse, avec une photo de tasse de thé brisée aux couleurs du Pays de Galles, c’est l’habillage choisi par Yann-Fañch Jacq, pour son dernier récit : «Tomm eo bet deomp», on a eu chaud en langue bretonne. «C’est le 4e de la série. Cela commence à constituer un rendez-vous régulier avec le lecteur», confie l’auteur du dernier roman en breton publié par les éditions Keit Vimp Bev. «D’un livre à l’autre, j’essaie de ne pas utiliser les mêmes recettes et d’innover», explique-t-il, en affirmant avoir donné à ce dernier roman un rythme différent des précédents. «Quelque chose de plus chaleureux», pour éviter les embûches d’une routine littéraire toujours possible.

«Plus la tension monte et plus mes chapitres sont courts», indique par ailleurs, Yann-Fañch Jacq, à propos de la trame de son dernier roman policier : une maison désertée par une grand-mère malade. Cathe et Sandy, ses deux petites-filles, découvrent par hasard la correspondance amoureuse cachée de l’aïeule. La révélation de la vraie personnalité de Marie, leur grand-mère, va rapprocher les deux sœurs. Pas facile, néanmoins, d’écrire et de trouver un public lorsqu’on


Yann-Fañch Jacq poursuit son œuvre d’écrivain bretonnant avec la parution de «Tomm eo bet deomp», son dernier roman policier. (Photo©Jean-Pierre Bénard).


essaie de développer un imaginaire inscrit dans une langue minoritaire. «J’essaie d’apporter ma pierre en le faisant le plus profession- nellement possible, même si je me sens un peu seul car les auteurs bretonnants ne sont pas légion.»

Une langue bretonne créatrice

Avec des phrases simples et un vocabulaire compréhensible de tous les bretonnants, il espère bien toutefois, rendre la langue bretonne plus vivante. Et continuer aussi à vivre la rencontre avec le public, comme lors des récents salons du livre de Plestin, Vannes ou Carhaix. Le sujet de son prochain livre ? «Je l’ai déjà dans la tête depuis un an», confie l’écrivain bretonnant. Une histoire de rêve prémonitoire un peu fou dont il a déjà écrit 70 pages.


Quant à rêver de pouvoir lire un jour Harry Potter dans une traduction bretonne, Yann-Fañch Jacq n’y songe pas. «Ce serait fulgurant mais très risqué, explique-t-il, en écartant aussi l’idée de traduire des romans policiers du français ou de l’anglais vers le breton. Je préfère montrer une langue bretonne créatrice par elle-même», conclut-il.

Jean-Pierre Bénard

Pratique : Tomm eo bet deomp de Yann-Fañch Jacq, aux éditions Keit Vimp Bev 29520 LAZ. Tarif : 9 €.