La recherche

Le développement et l'accès à la recherche sont des préoccupations chez la plupart des musiciens rencontrés. Avec le renouveau des musiques traditionnelles, la pratique a été la priorité mais la recherche est mal connue et très éparpillée. De nombreux musiciens sont collectionneurs, chercheurs, collecteurs et possèdent des documents, mais peu d'entre eux ont publié. Les publications existantes sont mal connues :

  • Claude Marcel - Dubois et Maguy Pichonnet - Andrac ont effectué une mission à Marie Galante pour le Musée des Arts et Traditions Populaires. Un disque a été édité.
  • Jacqueline ROSEMAIN est l'auteur de plusieurs ouvrages 8 et de plusieurs articles 9 sur la musique antillaise.
  • Marie-Cécile LAFONTAINE est une ethnologue qui a enquêté auprès de plusieurs musiciens traditionnels guadeloupéens
  • Diana Rey-Hulman est une ethnolinguiste africaniste qui a décrit et analysé des faits musicaux à Marie Galante
  • Roger LUREL, musicien, compositeur et professeur de musique a apporté sa contribution au niveau musicologique
  • Alex et Françoise URI ont édité un ouvrage qui est une très bonne étude générale sur les musiques en Guadeloupe (Sources documentaires : Musiques et musiciens de la Guadeloupe. A. et F. URI éd. CON BRIO )
  • Edouard Benoît est l'auteur d'un livre sur la biguine qui présente l'histoire de ce style en Guadeloupe (op-cit).

  • Une bibliographie exhaustive serait à faire, d'autant plus que beaucoup de chercheurs ont travaillé sur la Caraïbe ou sur les Antilles en général. Les articles de ces auteurs sont écrits en français, mais également en espagnol ou en anglais. 

  • Une documentation très importante est à répertorier. Les musiciens; chercheurs rencontrés sont prêts à mettre en commun ou à faire connaître les documents qu'ils possèdent.
  • Il s'agit de collectionneurs et/ou de collecteurs qui ont réalisé un travail de recherche tout à fait désintéressé. Certains d'entre eux ont le projet d"éditer le résultat de leurs investigations.

  • Didier ANGERVILLE et Jean Marie LUREL ont accumulé une documentation importante depuis seize ans et ont réalisé une exposition. Leur travail a été reconnu à Cuba.
  • Michel HALEY, principal animateur du groupe AKIYO, a déposé un projet d'édition d'une anthologie de la musique Guadeloupéenne avec l'édition de disques compacts, de cassettes vidéos accompagnés de livrets. Le projet est apparu trop ambitieux à la Région qui préférerait s'investir dans l'aide à la formation des chercheurs plutôt que dans l'édition.
  • Toutes les associations possèdent des documents intéressants qui sont parfois uniques. (cf les sociétés de Quadrille en particulier). Certains musiciens de biguine sont de véritables collectionneurs (cf Mr Fernand PENTIER)

    Pour les musiques des communautés indiennes, le travail de recherche actuel, réalisé par des chercheurs issus des associations, pourrait être validé dans un cadre universitaire. Il est sans doute possible que le diplôme de Langue et de Culture Régionale, puisse finaliser le travail des chercheurs provenant de toutes les communautés.

    Une demande de valorisation

    Les acteurs provenant du mouvement associatif, les musiciens membres de groupes, les chercheurs isolés sont demandeurs pour une valorisation de leur travail, pour une confrontation et mise en commun de leur recherche avec la réalisation d'un répertoire des sources de la musique guadeloupéenne. La volonté, presque générale, est que l'action prioritaire du futur centre des musiques traditionnelles soit ce recensement de la recherche.

    Une autre forme d'aide serait la formation des chercheurs qui pourrait être facilitée par l'organisation de colloques ou de séminaires, et la création de bourses (pour des études réalisées localement ou dans des organismes de pays voisins).

    la création

    Comme pour toute tradition vivante, les musiques guadeloupéenne sont en perpétuelle recréation (au niveau des textes, des danses ou de l'instrumentation...). Ces musiques ont connu des mutations importantes. les contextes de jeu se sont diversifiés.

    Dans cette évolution, certains musiciens ont été des moteurs. Des créateurs ont apporté une contribution essentielle. Citons Gérard Lockel qui est reconnu unanimement comme le modernisateur du Gwo-ka (introduction de nouveaux instruments, développement de l'harmonie...). Ce style est aussi passé de la soirée lewoz à la scène. Toutefois quelques groupes continuent à perpétuer une certaine conception de la création dans un modèle traditionnel (citons le travail du groupe KANINDA).

    Aujourd'hui l'esprit créatif se retrouve surtout dans le courant "Gwo-ka" et dans les musiques de carnaval. Les danseurs sont très actifs et proposent des spectacles de qualité. Mise à part l'Akadémiduka qui poursuit un travail de création entamé depuis longtemps, citons Lena BLU qui est une chorégraphe réputée et qui a crée plusieurs spectacles qui ont eu un certain impact.Pour les autres genres de musique (quadrilles, musiques indiennes) qui ont surtout une raison d'exister dans leur contexte traditionnel (pour le moment), la tendance reste dans une maintenance et un approfondissement des connaissances sur les styles plutôt que dans des créations de formes nouvelles.

    La biguine qui a bénéficié dans le passé d'apports essentiels de la part d'excellents musiciens, se retrouve aujourd'hui en panne d'esprit créatif. le développement de la pratique de ce genre musical par de jeunes musiciens devrait susciter de nouvelles création.



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