Le Rêve du diable revient avec un nouvel opus

La résurrection d'une tradition chansonnière

Le disque "Résurrection" est paru au printemps de 1996. Il mettait fin à une période de cinq années presque uniquement consacrée à la scène. Presque uniquement car, avec Le Rêve du Diable, le temps qui sépare deux spectacles n'est jamais un temps perdu, si ce n'est en bons coups à boire, verres de bonnes bières partagées, fêtes et convivialitées de toutes nature, qui sont inséparables de toute préparation scénique qui se respecte. 

Ce disque faisait suite à un premier disque compact : "Avec cholestérol", édité en 1991.

Les connaisseurs du petit monde de la musique traditionnelle québécoise pourront reconnaître, à la lecture des noms des musiciens qui ont participé à cette production, les noms de Alain Lamontagne, Daniel Lemieux, Danielle Martineau, Martin Racine et Daniel Roy, qui sont tous, à leur manière, partie prenante de l'animation de la scène musicale traditionnelle au Québec. 

Si ce disque comprend quelques instrumentaux qui sonnent bien québécois et "swinguent en calvaire" : "Le pot-pourri des bons larrons" et "Le reel de St Jean-Port-Joli", l'inspiration générale est surtout chansonnière.
Quelques pièces sont tirées du répertoire traditionnel, ("les filles sont volages", "Les filles de Ste Julie" réinterprété en "Filles de Lévis"), mais la majeure partie des chansons enregistrées ici, sont des chansons populaires d'inspiration plus récentes : "Tiens-toi ben", "la famille", etc. Chansons qui témoignent de l'importance de la famille, dans la vie sociale québécoise, et dessinent quelques portraits savoureux (l'oncle Albert, la tante Claire). 

Mais "Le Rêve du Diable" ne serait pas ce qu'il est, c'est à dire un groupe composé de musiciens qui aiment vivre en chansons, s'il n'y avait également à leur répertoire de nombreuses chansons à boire, "des chansons d'ivrognes", et d'autres qui parlent des femmes et des tourments de l'amour.

L'ivrogne et le pénitent

On se souvient avec plaisir, de la chanson "l'ivrogne et le pénitent", qui donnait lieu à une interprétation très théatrâle de la rencontre entre le moine vertueux, et le buveur impénitent. Interprétation si marquante, qu'il m'est arrivé de l'entendre, quelques années plus tard, reprise note pour note, intonations comprises, sur la scène des Jeudis du Port à Brest, par un groupe qui n'avait pas eut, à l'époque, l'élégance de mentionner ses sources.
C'est pourquoi, on cédera à nouveau aux délices de la boisson, en écoutant "la plus mollette des chansonnettes", sur le thème inusable du retour de l'ivrogne au domicile conjugal.

On remerciera aussi le rédacteur des notes du livret (Gervais Lessard ?), pour la mention des origines, ou de la filiation des chansons, dont les textes sont intégralement reproduits.

J.P.B.