Richard Gotainer, chanteur « tout fou » et facétieux

L’auteur des indémodables tubes Le Mambo du décalco et Primitif a donné samedi 19 mai 2012, un concert Comme à la maison qui a ravi les 200 spectateurs réunis au Glenmor.

La scène est encombrée d’un véritable bric-à-brac intimiste style années 50 : lampadaires, téléphone à cadran, antique poste de radio à lampes ou fauteuil estampillé « Ça, c’est du meuble ! ». Et l’artiste ne tarde pas à débouler « comme à la maison », en jean et chemise râpée au fil des jours.

« Je veux rester tel un sou neuf, l’hurluberlu qui sort de l’œuf. Je veux demeurer tout fou ! », chante aussitôt Richard Gotainer avec cette ritournelle issue de son premier 45 t publié en 1979. « Comme à la maison, ça veut dire quoi ? », enchaîne-t-il derechef tasse de thé chaud en mains. « Eh, bien, que vous allez vous installer chez moi... et qu’on va vous chanter les chansons qu’on veut bien », lance-t-il pince-sans-rire à l’adresse de son public.

Des accents poétiques

Faisant mine d’hésiter entre Le skons de la rivière Kwaï et Une grenade dans la purée, l’artiste opte finalement pour La ballade de l’obsédé. « Ça date de 1982 et de mon troisième album », précise-t-il au sortir de cette chanson annonciatrice de Espèce de Bonobo. « Mon dernier album paru en 2008 et écrit avec Michaël Lapie. Je me demande, ajoute-t-il in petto, si je ne suis pas poursuivi par une idée fixe... »


Accompagné par Bruno Caviglia (guitare), Yvon Delaval (claviers), Guillaume Farley (basse), Romain Jutard (batterie) et Murielle Lefebvre, choriste maître es-mîme, Richard Gotainer a donné au Glenmor le concert « comme à la maison », attendu par son public.



Évoquant, à la manière d’un cartoon de Tex Avery, mimiques à l’appui, les débordements amoureux printaniers « du gars avec les yeux exorbités et la langue qui pend », Richard Gotainer s’assied un instant pour fredonner Elle est partie avec Robert : une complainte d’amours déçues, aux tonalités hivernales et glacées et aux accents poétiques inattendus. « Dehors tout est tout blanc sous un ciel en bitume, II est plus de minuit au-dessous du zéro. Le manteau sur le dos, dans le cœur, une enclume. »



Osant également un sketch rabelaisien et hilarant en forme d’hymne aux pets solitaires, Richard Gotainer s’est montré samedi soir tel qu’en lui-même. Les tubes Chipie, Primitif, Le Mambo du décalco et autre Le Samba ou Maman flashe et Papa flippe ont clôturé, devant un public applaudissant à tout rompre, le concert de ce chanteur tout fou et facétieux, désormais sexagénaire mais qui veux demeurer « Jeune toutou dingo et se garder d’être jamais un vieux sapajou ».

Jean-Pierre Bénard


Chronique du spectacle de Richard Gotainer « Comme à la maison », donné le 19 mai 2012 au Glenmor, à Carhaix (Finistère), et publié le 21 mai 2012.



Le public de Richard Gotainer complètement sous le charme

Ils s’appellent Lidwyn, Manolo et Loeis, et ces trois jeunes spectateurs font déraper le feutre de l’artiste. « Lidwyn, c’est quelle origine comme prénom : breton, gaélique ? », demande Richard Gotainer au papa des trois gamins, avant d’apposer son paraphe sur l’affiche du concert. « Non, non. C’est beaucoup plus haut. C’est scandinave », explique l’admirateur du chanteur, souriant et guère avare de compliments à son égard. « C’était génial. Une petite larme de bonheur pour nous. »

Dans la foule d’une centaine de spectateurs qui patientent, les plus jeunes n’ont pas dix ans et sont aussi les plus enthousiastes. « Merci pour la super-soirée », glisse la jeune Nina à l’oreille du chanteur, bientôt suivie par Loïc : « merci beaucoup pour le concert », ajoute timidement ce dernier en tendant à l’artiste un billet du spectacle pour autographe.

« Une soirée d’enfer ! »

Pour les plus âgés, la séance de dédicace est également le temps des souvenirs. « Je vous ai vu il y a trois ans à la fête de l’Humanité, à Lanester. Mon fils est un de vos admirateurs : il a tous vos disques ! »,


« Une petite salle comme celle-là génère une synergie particulière avec le public, confie également Richard Gotainer au moment de la séance de dédicace. Le spectacle vivant, ça bouge et c’est jamais pareil. Comme le bois, quand c’est humide, ça gonfle ! »


confie à son tour Guy, spectateur morbihanais aux tempes grisonnantes. Et le public féminin n’est pas en reste. « J’ai passé une soirée d’enfer ! », s’exclame de son côté Martine, affiche en mains, la quarantaine débutante. Nicolas, 35 ans, se fait lyrique pour sa part : « Je tenais à vous remercier pour le voyage que vous nous avez fait faire ce soir », lance-t-il à l’attention du chanteur médusé : « Merci. C’est joliment dit ».

En queue de la file d’admirateurs, le pompier de


service pour la soirée tend aussi son affiche. « C’est pour Marie-Claire », indique-t-il à Richard Gotainer, l’humour toujours aussi vif malgré les fatigues du concert : « Tiens, c’est marrant : je ne vous aurais pas donné ce prénom-là ! », rigole-t-il à l’adresse de Jean-Pierre, carrure d’athlète sous son pull rouge des sapeurs-pompiers.