Le chanteur est de retour avec un nouvel album

Gilles Servat, des chansons couleurs de ciel


Avec Sous le ciel de cuivre et d’eau, son dernier album déjà vendu à plus de 12 000 exemplaires, Gilles Servat revient en force dans l’actualité musicale bretonne. Un retour que le public carhaisien pourra apprécier, le dimanche 16 octobre à l’espace Glenmor, au cours d’un concert de l’artiste entouré des musiciens figurant sur l’album édité par la Coop-Breizh. Avec, bien sûr, au programme, quelques-unes des chansons incontournables de son répertoire.

«L’album a été enre- gistré ici en partie. Nous avions promis à Daniel Thénadey, le directeur de l’espace Glenmor, de revenir à la rentrée 2006 pour donner un spectacle avec Gilles Servat», explique Jakez Bernard, l’heureux producteur de Sous le ciel de cuivre et d’eau, le dernier album du chanteur breton, en tête des ventes de disques de l’été enregistrés et produits en Bretagne.

Un succès qui devrait se doubler, à l’approche des fêtes de fin d’année, d’un bonus inséré dans le coffret de ce nouvel album. «Un DVD à 3 500 exemplaires de 8 titres filmés au cours d’un concert donné par Gilles Servat avec ses musiciens.» Des concerts au fil desquels l’artiste note avec plaisir un rajeunissement sensible du public. «Il se rétrécit à un bout et s’élargit forcément à l’autre», confie, en souriant, le chanteur, à l’approche de son 35e anniversaire de scène. «Au Zénith, alors qu’une caméra faisait un travelling sur les spectateurs pendant la reprise de la chanson Le Pays, nous avons eu la surprise de voir le jeune public présent à l’avant-scène reprendre les paroles en chœur», renchérit, de son côté, le producteur Jakez Bernard.

Alchimie émotionnelle

Des chansons qui peuvent parfois prendre du temps pour mûrir. «Dansez la gavotten ou Sur la montagne de Brasparzh ont été composées en 2001 pour les Vieilles Charrues. Depuis, je les ai beaucoup chantées sur scène, avant de les enregistrer au Glenmor dans les conditions du direct avec mes musiciens»,


Gilles Servat revient dans l'actualité musicale bretonne, avec les chansons de son album «Sous le ciel de cuivre et d’eau», édité par la Coop-Breizh.


explique, Gilles Servat, en auteur visiblement soucieux de laisser son ouvrage prendre de la patine. Même si, parfois, certains textes appréciés dans les années soixante-dix prennent un coup de vieux fatal au fil du temps, comme l’Institutrice de Quimperlé.

«Aujourd’hui, je pense qu’on ne met plus à la porte une institutrice parce qu’elle est divorcée.» Pourtant, la mystérieuse alchimie émotion- nelle du texte et de la musique de La blanche hermine, continue d’avoir, malgré ses 33 printemps révolus, les faveurs de l’artiste. «Il n’y a pas de raisons de ne pas chanter au public les chansons qu’il aime.» Aujourd’hui, heureux d’une collaboration artistique excep- tionnelle nouée avec Nolwenn Korbell et Pat O’May à l’occasion de son dernier album,


Gilles Servat continue toujours de cultiver cette alchimie des images qui n’appartient qu’à lui. «L’idée de mettre du ciel dans la chanson m’est venue en Irlande, sous le ciel vert et jaune parsemé de nuages cuivrés de Dublin, explique-t-il, à propos de la genèse de Sous le ciel de cuivre et d’eau, la chanson titre de l’album. Un matin, à Houat, alors qu’on ne pouvait distinguer le ciel de la mer, ça m’a ouvert les portes de la chanson.»

Jean-Pierre Bénard

Entretien avec le chanteur breton Gilles Servat, à l'occasion de son passage à l'espace Glenmor le 16 octobre 2005, et de la vente à 12 000 exemplaires de son dernier album : Sous le ciel de cuivre et d'eau.