Fou l’assoc réussit son premier festival avec 350 spectateurs

L’oasis du ska alternatif à Saint Thois


Samedi, quatre groupes Bretons et parisiens se sont partagé la vedette du premier festival de ska rock indépendant, organisé par Fou l’assoc, à la salle Ti Toud an Dud de Saint Thois, transformée pour l’occasion en terre d’accueil d’une musique festive et revendicative.

Une oreille coupée et l’autre affublée d’un piercing, la mascotte graphique du groupe brestois «Les Zèbres», est barrée d’un «Z» couleur rouge hargneux. Un drôle d’animal au cuir tanné par des nuits d’errance sur le pavé de la savane urbaine. Tignasse hirsute et sourcils froncés, il vous toise d’un air renfrogné, à l’image du ska revendicatif et âpre porté par la voix de Steph, chanteur énergique et costaud qui psalmodie des textes taillés dans un granit breton truffé d’arêtes vives. «Le ska, c’est un style musical exporté en Angleterre par les Rude boys jamaïcains, au début des années soixante. C’est l’ancêtre du reggae», affirme le chanteur brestois, plus sensible, à l’évidence, au rock steady imprégnant les rues londoniennes de Brixton, qu’aux ritournelles populaires issues du quartier de Recouvrance. Quoique.

Ska festif

«On a tellement la ouache et l’envie de jouer qu’on pourrait passer même après BB King», s’exclame de son côté, Alain, un des saxophonistes de Skalimucho, groupe de ska rock et de reggae venu de Versailles,


Samedi, les «Assoiffés» ont fait la preuve, avec leur ska rock trépidant mêlé de reggae, que la musique est un métissage et une invitation permanente à la fête et au mouvement.


avec une section de cuivres déchaînée et trépidante, une énergie positive et un petit détour par le Guns of Brixton, repris des mythiques «Clash.» «Le public a bien suivi. La Bretagne est une terre de musiques, et ça se voit», ajoute le musicien. Un public amateur de ska sautillant, déjà comblé par la prolifique tribu des «Assoiffés.» Des fervents ceux-là. «On vit dans un pays qui ne croît plus en rien. Quelle que soit sa couleur, l’homme se comporte en chien», clament-ils, emmenés par l’anarcho-vocaliste Ricket, chanteur banlieusard pessi- miste.


Ils aimeraient bien pourtant, «goûter aux choses à voir, aux choses à faire, en parcourant la terre entière». Samedi, pour tous les jeunes assoiffés de musique réunis à Ti Toud an Dud, le festival organisé par Fou l’assoc faisait figure d’oasis dans la campagne Centre-bretonne. «Le ska, c’est festif. Ça va vite, c’est représentatif de notre état d’esprit et c’est accessible aux gens», conclut Nicolas, le jeune tromboniste de Skalimucho.

Jean-Pierre Bénard

Chronique du festival de ska organisé le samedi 2 novembre 2002, à Saint-Thois (Finistère).