Soïg Sibéril : « Dans ma guitare, un peu de la fibre du pays »

Le guitariste centre-breton Soïg Sibéril vient de publier Dek, son dixième album solo paru chez Coop Breizh. Entretien avec un musicien toujours amoureux des musiques bretonne et celtique.


Dek, c’est dix en français et c’est votre dixième album ?

Oui, c’est surtout le dixième album solo à mon nom. C’est pourquoi j’ai voulu l’appeler comme ça. Pour cette occasion-là j’ai voulu revenir à mes racines, à mes sources, qui sont la guitare. Pour Dek, ce dixième opus, j’ai enregistré treize titres de guitare solo. Il n’y a même pas de parties de guitares préenregistrées et ajoutées. Mis à part un titre, enregistré avec Patrice Marzin, l’ingénieur du son quimpérois chez qui j’enregistre en studio depuis très longtemps. En plus d’être un technicien de l’enregistrement, il est aussi un très bon guitariste et je lui ai demandé de m’accompagner sur Le set, une suite de quatre réels irlandais.

Ce nouveau disque donne également lieu à une nouvelle collaboration avec l’écrivain brestois Hervé Bellec ?

Pour la suite des événements, je vais continuer à me produire en guitariste solo et présenter seul en scène, les treize titres de mon album. Mais parallèlement à tout ça, nous allons commencer une succession de résidences pour une création qui va s’appeler : Un bout de chemin. À cette occasion, je serai sur la route avec le photographe Éric Legret, qui me suit depuis plusieurs années sur mes différents projets, et qui assurera la vidéoprojection d’images sur les lieux du Centre-Bretagne qui me tiennent à cœur.

Outre ces photographies, j’ai aussi sollicité Hervé Bellec pour l’écriture des textes que je dirai en scène et qui serviront de fil conducteur à mon concert. Par ailleurs, Corinne Stephan interviendra pour la mise en espace de cette création.

La jaquette de votre album est illustrée par des photos prises dans la tranchée de Glomel. Il y a une raison particulière ?


Avec Dek, son dixième album de guitare solo, Soïg Sibéril donne à entendre treize titres inspirés par les musiques bretonne et celtique et les paysages de la Bretagne intérieure. (Photo©Éric Legret).


En fait, nous avons choisi cet endroit parce que, pour moi, le canal de Nantes à Brest est un lieu d’inspiration. Et la tranchée du canal est aussi tout près de Botcanou, le lieu de mon enfance. Tous ces endroits font partie intégrante de la mémoire et du patrimoine du Kreiz-Breizh, et sont en rapport avec cette création qui va s’appeler : Un bout de chemin.

Il y a peu, vous avez célébré vos 30 ans de carrière avec un double album. Avec Dek, ce nouvel opus, vous continuez dans la veine d’un répertoire de musique bretonne et celtique. Il n’y a pas de lassitude ?

Non, non. Pas du tout. Mais je ne fais pas que ça non plus. J’aime bien interpréter de la musique bretonne et celtique, mais je compose aussi des musiques originales. J’aime tout aussi bien adapter des musiques traditionnelles pour la guitare acoustique et écrire des compositions en intégrant des influences électro, comme avec Abstrackt Keal Agram sur l’album Lammat,


ou des musiques du monde avec le musicien Kamel Zekri. Même si, au bout du compte, toutes mes musiques ont un peu la fibre du pays.

Dans l’immédiat, quels sont vos projets ?

Je vais être en résidence au Glenmor, en juin. Ensuite, il va y avoir une période en octobre, à Amzer Nevez, à Ploemeur qui verra le premier concert d’Un bout de chemin. Avant ça, je vais continuer mes concerts en solo au cours d’une tournée de cafés-concerts en Bretagne. Je vais aussi continuer de me produire avec l’ensemble de Breizh ha Rock, la chanteuse Nolwenn Korbell ou encore le piper Cédric Le Bozec. C’est toujours avec plaisir qu’on se retrouve ensemble sur scène.

Recueilli par Jean-Pierre Bénard

Entretien avec le guitariste centre-breton Soïg Sibéril, écrit et publié en mai 2014.