Soïg Sibéril s’invente de nouveaux talus électros

Le guitariste publie « Lammat » chez Coop-Breizh. Une nouvelle galette nourrie des riffs électriques de Patrice Marzin et des nappes électros d’Abstrackt Keal Agram.


«J’ai beau avoir cinquante ans, mes esgourdes fonctionnent toujours aussi bien !», prévient Soïg Sibéril à l’occasion de la publication de Lammat, un dernier opus bondissant entre guitare en accords ouverts et sons de machines électroniques. «J’affectionne toujours autant d’utiliser la musique en boucle quand je donne des concerts en solo», explique le musicien, pour justifier de cette irruption inusitée de la musique électronique dans une discographie essentiellement acoustique jusque-là. «Il y a longtemps que j’avais envie de faire de la musique répétitive. Tanguy Destable et Lionel Pierres, les deux musiciens morlaisiens d’Abstrackt Keal Agram, m’en ont offert l’opportunité.» Des chemins électroniques déjà largement défrichés par le chanteur Denez Prigent à l’origine de cette rencontre musicale. «Nous l’avons croisé au Grand prix du disque du Télégramme, et c’est lui qui nous a branchés sur Soïg Sibéril», racontent de leur côté, les deux artistes de la scène électro morlaisienne.

Tasse de thé électro-rock

Des musiciens dont la gavotte n’est pourtant pas la musique de chevet. «Nous ne connaissions pas du tout ce qu’il faisait, expliquent-ils de concert. Mais avant même de faire de l’électro nous étions tous les deux des guitaristes à la base. Alors, forcément, ça nous parle.» Une rencontre d’autant mieux ficelée que la musique de Soïg Sibéril va bien au-delà de la seule musique bretonne, en rejoignant ce qui fait la tasse de thé électro-rock d’Abstrackt Keal Agram.


Soïg Sibéril défriche de nouveaux univers musicaux avec Lammat, et les sons électros d’Abstrackt Keal Agram. Un spectacle présenté également en juillet prochain aux Vieilles Charrues.


«On peut y entendre des influences world et afro beat avec une large palette harmonique et rythmique», souligne à ce sujet Lionel Pierres. Le dernier cédé du guitariste centre-breton sonne-il pour autant comme un disque électro pur jus ? «Même au contact de ce nouvel univers musical électronique, mon style de guitare en accord ouvert est toujours là», rassure Soïg Sibéril à ce sujet.

Une évidence à l’écoute d’une galette enregistrée au studio Hall à Quimper, et nourrie également des somptueux riffs de guitare électrique de Patrice Marzin, le propriétaire des lieux. «Un compagnon de route musicale d’Hubert Félix Thiefaine et de Gérard Manset.» Avec une pincée de trompette jazzy d’Eric Le Lann et un soupçon de poésie vocale bretonnante due à la chanteuse Nolwenn Korbell, vous obtenez Lammat.


«Lammat dreist ar c’hleuz», passer le talus en langue bretonne, tout comme le guitariste centre-breton à l'orée de la cinquantaine. Au final, un disque aux longues chevauchées bondissantes entre gavottes bretonnes et reels irlandais, dans un paysage de bocage et de talus bretons réinventés par la guitare évocatrice de Soïg Sibéril.

Jean-Pierre Bénard

Chronique de la sortie de Lammat, le dernier album en date de Soïg Sibéril, publié par la Coop-Breizh en juin 2006.


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