Startijenn fait péter le gros son breton

Les cinq jeunes musiciens sortent le 20 avril prochain une première galette de musique de fest-noz urbaine, énergique et brillante, publiée par la Coop-Breizh.


Des photos les montrent en collégiens sonneurs de couple à culottes courtes. «On a commencé à jouer ensemble à l’âge de treize ans au collège Diwan du Relecq-Kerhuon», confie Tangi Oillo, le guitariste de Startijenn, un groupe de musique bretonne fondé il y a neuf ans. «Ça bougeait bien à l’époque. Il y avait beaucoup de dynamisme avec des groupes comme Ar Re Yaouank», explique, à son tour, Konogan An Habask, jeune sonneur de 21 ans formé au bagad Kemper.

Depuis, les jeunes fest-nozeurs ont battu ensemble les planches des fêtes de nuit d’internat et des scènes des grands festivals en Bretagne avant de mûrir le projet de leur premier album. «On a commencé à monter ce projet après notre Bac obtenu au lycée Diwan. On a mis longtemps à oser se lancer dedans», expliquent-ils, à propos de cette première galette sonore cuisinée à la maison et tirée à 3 000 exemplaires.

«Brailler dans le compost»

Pour en arriver là, les musiciens ont dû batailler ferme avec leur souci de perfection. « Après une prise ratée, on envoyait le fautif brailler dans le tas de compost tout proche », se souviennent-ils avec humour. Une recette de travail bien à eux faite de bidouilles électros et de séances de réenregistrement en auto production. «J’utilise une guitare folk tout à fait ordinaire en traitant le son avec un Octaver. Une boîte électronique permettant de baisser la tessiture


Les musiciens de Startijenn publient un premier album de musique bretonne après neuf années de fest-noz sur toutes les scènes de Bretagne.


de l’instrument de deux octaves», confie Tangi, au sujet d’un album produit avec les euros économisés sur leurs cachets de musiciens. Au final, une musique de danse bretonne énergique et brillante agrémentée d’un bouquet de riffs au goût rock blues rehaussé d’un soupçon de pédale wah-wah chère à Jimi Hendrix. «Ça apporte une rondeur au son sans pour autant trahir la musique que nous faisons sur scène.»

Une musique entendue dans les bals bretons ou dénichée dans les recueils d’airs collectés par leurs prédécesseurs. «Des airs traditionnels peu connus et réarrangés par nous, entendus en fest-noz ou trouvés dans les bouquins de Polig Monjarret et mêlés à des compositions originales», expliquent-ils.


Un répertoire issu des terroirs vannetais, plin ou gallo, enregistré à Plouarzel au fin fond du Léon par Dominique Bott, le bassiste du groupe Diwall. Et une galette mastérisée à Paris par Jean-Pierre Bouquet, pour la touche urbaine. «Un technicien reconnu, choisi par nous pour avoir une signature sonore différente de celle des autres groupes de fest-noz.» Une originalité qui devrait valoir à Startijenn, le privilège de faire péter durablement le gros son breton dans les oreilles des danseurs de fest-noz.

Jean-Pierre Bénard

Chronique de la sortie du premier album de Startijenn publié par la Coop-Breizh en avril 2006.