La danse bretonne déboule à toute vapeur du Croisty

Les Danserien ar vro Pourlet se sont produits sur la scène du Glenmor avec War an hent, un spectacle en 12 chorégraphies portées par la musique du bagad Plougastel.

Ils se sont fait remarquer il y a 8 ans déjà, avec Dre an dañs. «Un spectacle joué devant 1 500 personnes à Plouay», confie Erwan Luven, un des quarante danseurs du cercle celtique du Croisty. «Depuis, nous avons fait tourner pendant deux ans Elfig, un autre spectacle chorégraphique inspiré par l’univers de Tolkien avant de nous lancer dans la création de War an hent. Un spectacle présenté pour la première fois en juillet dernier au Kann al loar de Landerneau.»

Imaginée par Jérôme Piesse et Anne Le Bris, l’histoire est celle d’un jeune photographe parisien au début du XXe siècle. «Il tombe sur une gravure d’Hippolyte Lalaisse représentant le costume porté autrefois par sa grand-mère bretonne, et décide alors de prendre le train vers Nantes pour en retrouver l’origine.» Une véritable quête du graal costumier lancé à toute vapeur de ville en ville, sur les rails du réseau ferré breton de l’époque.

Brouette et Bragoù berr

«Un prétexte pour faire découvrir au spectateur les différents terroirs de la danse bretonne, depuis le pays Nantais en passant par le Vannetais, le pays Bigouden, le Léon et aussi le pays Pourlet qui est notre terroir d’origine», résume le jeune danseur. Rythmé par la projection en fond de scène de reproductions de cartes postales anciennes, la douzaine de chorégraphies de War an hent (sur la route, en langue bretonne), est soulignée d’intermèdes joués par les comédiens de la troupe de théâtre du Croisty.


Les danseurs du cercle celtique du Croisty ont imaginé un voyage en train à travers la Bretagne pour War an hent, leur dernière création présentée le 21 janvier au Glenmor.


«En tout, il y a pas loin d’une centaine de danseurs, comédiens et musiciens mobilisés sur ce spectacle», prévient Erwan Luven.

Une grosse machinerie chorégraphique revêtue des superbes costumes traditionnels liés aux différents terroirs représentés. «Les danseuses portent la petite coiffe en dentelles de Guémené appelée La Brouette et arborent une palette de tabliers brodés, perlés ou ajourés en broderie dite Richelieu», expliquent les concepteurs du spectacle, également soucieux de montrer la belle dignité des petites gens, lorsqu’elle est magnifiée par le costume aux mille boutons porté les jours de fête. «Orné de 140 boutons dorés et argentés cousus sur le velours noir de la veste et du gilet, complété par le Bragoù berr, un large pantalon de lin.» Côté musique, les Danserien ar vro Pourlet ont


fait appel au bagad de Plougastel, placé en haut du tableau de 2e catégorie. Histoire sans doute d’être à la hauteur de l’aspect visuel très coloré de War an hent. «Avec Julien Le Mentec, le penn sonneur du bagad de Saint-Malo, pour la conception de la trame sonore du spectacle.» Une musique jouée sur scène avec le renfort de 5 autres musiciens parmi lesquels Roland Conq à la guitare, et Jean-Marie Lorans à la bombarde. La veille du spectacle, danseurs, comédiens et musiciens, répéteront toute la journée du samedi pour prendre la mesure du vaste plateau de l’espace Glenmor. Avec, on l’espère, et selon le mot d’un internaute fan des danseurs du pays Pourlet. «Les danses terrifiques et sublimes du cercle du Croisty.» Pratique : War an hent à l’espace Glenmor. Dimanche 21 janvier à 17 h. Plein tarif : 15 €.

Jean-Pierre Bénard

  • Article d'annonce du spectacle War an hent, donné par les Danserien ar vro Pourlet, à l'espace Glenmor de Carhaix (Finistère), le dimanche 21 janvier 2007.