Des gavottes mâtinées de sonorités africano-cubaines

Zarma installe les tropiques à l’Utopia


Samedi, après le blues, le rock et le reggae, l’Utopia poursuivait son tour du monde des genres musicaux avec « Zarma », une formation qui voudrait conjurer les brumes du Nord Finistère avec la chaleur d’une musique résolument tropicale.

Ils avaient déjà fait un passage discret en Terra incognita, l’an passé. Un an plus tard, les brestois de Zarma reviennent transformés, avec dans leurs bagages un souffleur formé à la discipline du conservatoire : Frank Meurin, une section de cuivres d’allure métissée à lui tout seul. « Africano Breiz ! », lance d’ailleurs Gilles Lozac’h, le chanteur et guitariste du groupe.

Percussions latines

A l’ombre du mur couvert de paillotes de bambous de l’Utopia, le métal doré des saxophones de Frank jette déjà des reflets brillants dans les yeux des spectateurs, comme une promesse de soleil tropical. De brefs accords claquent sur les cordes en nylon d’une guitare acoustique. Un thème de gavotte bretonne, cuivré par les soins du saxophoniste, s’empare des spectateurs. Les percussions latines de Corentin embarquent le tout sur des chemins de traverse épicés de recettes sonores africano-cubaines, à la manière d’un Alpha Blondy.


Les musiciens de Zarma ont su faire partager au public de l'Utopîa, la chaleur et l'ambiance de leurs musiques venue des tropiques.

On chaloupe ferme dans les rangs d’un public visiblement prêt à troquer sa part de brume, contre un peu de salsa reggae ensoleillée. « On veut faire une musique soleil », confie le guitariste, entre deux chansons susurées dans la langue de Cervantès. Sans trombones ni trompettes, Zarma parvient, avec sa batterie de saxophones, à faire oublier la tessiture aérienne des cuivres typiques de la salsa cubaine.

« C’est ce qui fait notre originalité », souligne le saxophoniste, inspiré par les sonorités d’un David Sanchez ou d’un Chris Potter. Au fond de la salle, un spectateur, pouce levé, semble manifestement satisfait du voyage. Prochaine escale en première partie de Mory Kanté, à Bénodet en juillet, où Zarma aura sans doute à cœur d’installer à nouveau, son micro climat tropical en pays de Cornouaille.

Jean-Pierre Bénard