Une musique pur produit du mélange culturel londonien

Le reggae dub empreint de spiritualité de Zion train


Le centre culturel de Rosporden accueillait samedi, la deuxième soirée du festival «Dub it Easy», organisé conjointement par l'asso- ciation By pass et l'Étincelle, avec au programme Zion train, un groupe de reggae dub venu de Londres.

La salle de concert, balayée par les faisceaux colorés des projecteurs, a des allures de hall de gare ferroviaire moderne. Ça tombe bien. Zion train, le groupe au programme du festival Dub it easy, est une des locomotives du reggae dub anglo jamaïcain. A moitié dissimulé par une imposante console électronique, Perch, le Disc jockey, officie aux commandes de cette puissante machinerie à produire des sons, mélangés de balancements reggae, de basses techno et d'une obsédante pulsation rythmique funky.

Mélange culturel

Sergent Hake, un trompet- tiste blanc, distille parcimo- nieusement quelques riffs cuivrés, empreints d'un ennui à la distinction toute anglo-saxonne. Fort heureu- sement, Malora, une chanteuse aux origines anglo-nigériane vient humaniser par son chant bluesy, cette musique métissée d'influences multiples, pur produit du mélange culturel londonien. «Beaucoup de musiques sont nées à Londres, à cause de ce mélange.


Malora, chanteuse à la présence féline et sensible, a humanisé par son chant empreint de spiritualité, la machinerie électronique distillée à grands renforts de basses par Zion train.


C'est très excitant. On s'est inspirés de King Tubby, musicien des années 70, mais aussi de la dance, de la techno et de la house-music», confie la chanteuse, peu avant son entrée en scène. «Toutes les musiques du monde, porteuses de spiritualité et d'authenticité, aux antipodes des recettes fabriquées de l'industrie du disque, nous intéressent», explique également l'artiste. Entre deux rafales de basses vrombissantes, dans un français impeccable, elle annonce : Love revolution, une chanson tirée du prochain album.


«Dans ce monde fou, soyez positifs, utilisez la force révolutionnaire de l'amour», clame-t-elle enfin, à l'attention des jeunes spectateurs massés devant la scène. Comme en écho du message musical et spirituel des émules de Bob Marley, dont elle se réclame avec les artistes de Zion train.

Jean-Pierre Bénard

Chronique du spectacle de Zion Train donné le 6 avril 2002 au centre culturel de Rosporden (Finistère).